Trois conseils pour bien choisir son master

Les bonnes questions à se poser avant de choisir parmi les quelque 3000 masters proposés à l’université.

Autorité administrative indépendante, le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) a pour mission, entre autres, d’évaluer les formations et diplômes. La lecture du rapport disponible sur son site peut se révéler utile avant de choisir son master...

Les étudiants en licence désireux de poursuivre jusqu’à un master (bac+5) de l’université ont intérêt à se renseigner bien à l’avance sur les différents cursus. Il convient de s’assurer que le cursus préparera bien au métier envisagé, de s’intéresser à l’environnement de la formation (opportunités de poursuivre en thèse ou d’effectuer un stage intéressant par exemple) et enfin anticiper son passage en M2, en s’intéressant aux spécialisations offertes à ce stade.

1. S’assurer qu’il s’insère dans son projet professionnel

« La première question à se poser est basique, mais il n’est pas ­toujours aisé d’y répondre : quel est mon objectif et, surtout, la ­formation envisagée mène-t-elle à la ­carrière souhaitée ? », préconise Jean-Marc Geib, directeur du ­département évaluation des formations au Hceres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur).

Après avoir consulté le programme détaillé du diplôme, il n’est pas interdit de contacter le responsable du master pour avoir de plus amples informations sur l’insertion professionnelle des ­cohortes précédentes, ou de chercher conseil auprès de jeunes ­diplômés en poste : sont-ils ­satisfaits des enseignements ? La qualité ou la renommée de leur formation a-t-elle joué dans leur ­embauche ?

Pour ce qui est de la qualité, les plus de 3 000 masters proposés par les universités françaises sont évalués tous les cinq ans par le Hceres. Toutes les formations, hors celles trop récentes pour avoir été examinées, font l’objet d’un rapport public et disponible sur le site de l’instance. Cela peut constituer un premier outil ­d’appréciation.

2. S’intéresser à l’environnement de sa formation

Autre critère important : l’environnement de la formation. « Un master ne se fait pas tout seul, la valeur des partenaires scientifiques ou industriels joue pour beaucoup dans sa qualité », poursuit Jean-Marc Geib.

Pour un master de recherche, il importe de vérifier qu’il existe une école doctorale associée, afin que ceux qui le souhaitent ­puissent poursuivre en thèse. Il faut également s’assurer que des bourses de thèses sont ­allouées à l’issue du master, que les enseignants sont reconnus dans leur spécialité et habilités à encadrer une thèse, ou encore que l’école doctorale est ­dynamique. En ce qui concerne les ­masters pro, la capacité de la formation à proposer des stages ­intéressants ou à engager les ­étudiants dans des projets qu’ils pourront valoriser une fois diplômés est primordiale. Dans tous les cas, la dimension internationale peut aussi être un critère de choix. Une formation qui assure des cours en langue étrangère, permet des séjours d’études ou des stages hors frontières, est ­capable d’attirer des enseignants venus d’ailleurs et fait montre d’une ouverture de bon augure.

3. Anticiper son passage en M2

Au moment de choisir son M1, il faut aussi voir plus loin et s’intéresser de près aux spécialisations offertes en M2, insiste Jean-Marc Geib : « Si l’on veut faire de la physique nucléaire, il ne s’agit pas de s’engager dans un vague master de physique, il faut s’assurer que la spécialité voulue existe et est ­accessible en 2e année de master. »

Attention, même si depuis fin 2016, la loi autorise la sélection dès l’entrée en M1 et met fin à celle qui avait parfois cours en M2, le passage du M1 au M2 n’est pas automatique, 42 % des masters restant autorisés à sélectionner entre les deux années. « A la rentrée 2016, on a vu affluer des étudiants dès le M1 qui espéraient avoir plus de chances d’intégrer la spécialité secteur financier en M2, mais ça n’est pas le cas : tous les dossiers sont à égalité pour l’entrée en M2 », souligne Sébastien Neuville, responsable du M 2 Droit de l’entreprise, spécialité secteur ­financier à Toulouse-I-Capitole (environ 10 % des candidats retenus). Selon lui, dans ce genre de spécialités, il ne faut pas hésiter à changer d’université pour tenter sa chance à l’entrée des M2 les plus renommés.

Un supplément et un salon du « Monde », pour tout savoir sur les masters, MS et MSc

Etudiants en licence ou d’ores et déjà diplômés bac + 5, retrouvez un supplément de 16 pages sur les masters de l’université, ainsi que sur les mastères spécialisés et masters of science proposés par les grandes écoles, dans Le Monde daté du 26 janvier, puis sur Le Monde.fr.

Suivra, samedi 28 janvier, le 13Salon des masters et mastères spécialisés (SAMS) organisé par Le Monde, à la Cité de la mode et du design à Paris, permettant de découvrir plus de 4 000 programmes bac + 5 et de participer à des conférences organisées par nos journalistes (entrée libre, préinscription recommandée).

  • Françoise Marmouyet
    Journaliste au Monde

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