Reconstruire la tour de Babel

À l’approche du Nouvel An, un doute surgit : peut-on vraiment se souhaiter une bonne année 2017 ? Après tout ce qui s’est passé, avec ce qui vient. L’attentat survenu à Berlin, pendant ce qu’on appelait la trêve des confiseurs, la situation en Syrie, en Turquie, aux États-Unis, pour ne citer que ces pays-là, les perspectives électorales en France, au mieux incertaines au pire effrayantes, rien de tout cela n’incite à la légèreté et à la douceur associées aux vœux. On craint l’année nouvelle parce qu’on pense savoir, peut-être, un peu, à quoi s’en tenir, et n’y pouvoir pas grand-chose. Ne cédons pas au fatalisme et à la déploration ! Du côté de la situation nationale, il y a quand même des choses sur lesquelles nous avons la possibilité d’agir, au-delà du bulletin que chacun glissera dans l’urne. Par exemple, essayer de faire en sorte que le débat politique de fond, les idées, prennent le pas sur la communication creuse d’un côté et sur les attaques et les imprécations de l’autre.

Question de langage ? Pas seulement bien sûr. Mais les mots, en démocratie en tout cas, restent un moyen d’agir modeste et puissant que nous avons sans cesse à perfectionner. Car même lorsque l’on parle la même langue, se comprend-on ? Ou plutôt, s’écoute-t-on vraiment, cherche-t-on à entendre ce que dit l’autre ou à identifier d’où il parle, qui il est, pour savoir quoi en penser ? Lors d’une discussion, prenons donc le temps et la précaution de chercher quelle signification met notre interlocuteur derrière un mot avant de s’offusquer d’un propos ! Y compris à l’école, et avec nos élèves.

Pour l’école, justement, voici dans ce numéro un ensemble de propositions joyeuses et dynamiques sur les langues, familiales, enseignées, partagées. Pour faire acquérir savoirs et compétences aux élèves, mais aussi pour réfléchir à ces « barrières de langue » qui ne sont pas toujours celles qu’on dit.

A défaut de vœux, des bonnes résolutions de début d’année ? Tout n’est sans doute pas affaire de compréhension mutuelle mais enfin, cela ne peut pas nuire.

Et puis, on ne va quand même pas se souhaiter une mauvaise année : Meilleurs vœux pour 2017, à décliner dans toutes les langues !

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