À Nantes, feu vert pour un rapprochement inédit université-grande école

Les conseils d’administration de l’université de Nantes et de Centrale ont adopté à une large majorité, vendredi 3 février 2017, la feuille de route, révélée par EducPros, visant à regrouper, en janvier 2019, leurs filières scientifiques. Le pôle « sciences » comprendrait Centrale, la faculté des sciences et techniques, Polytech Nantes et trois IUT.

Mathieu Oui

L’université de Nantes et Centrale lancent le regroupement de leurs filières scientifiques.

Les conseils d’administration de l’université de Nantes et de Centrale ont adopté à une large majorité, vendredi 3 février 2017, la feuille de route, révélée par EducPros, visant à regrouper, en janvier 2019, leurs filières scientifiques. Le pôle « sciences » comprendrait Centrale, la faculté des sciences et techniques, Polytech Nantes et trois IUT.

À une large majorité, 26 votes pour, 9 contre, le conseil d’administration de l’université de Nantes a adopté, vendredi 3 février 2017, le projet de rapprochement avec Centrale Nantes, dévoilé par EducPros, après une heure et demie de discussion.

Ont voté contre ce projet les six élus de l’intersyndicale – regroupant le Sgen-CFDT, la FSU, SUD, la CGT et FO –, l’élu de l’Unef, celui du SNPTES, ainsi que celui de Sup’Recherche Unsa. Parmi les votes pour, sept personnalités extérieures sur huit, les élus étudiants Fage et UNI ainsi que les représentants de la liste « Université 2020 » menée par le président, Olivier Laboux.

Le même jour, le conseil d’administration de Centrale Nantes lançait, à la quasi-unanimité (23 pour, 1 contre et 1 abstention), ce rapprochement inédit.

Un statut innovant… qui n’existe pas encore

La feuille de route soumise au vote décrit le projet d' »organisation générale de la nouvelle université à Nantes », autour de quatre pôles : humanités, droit, économie, gestion, santé, ainsi que sciences et technologies.

Ce dernier pôle regrouperait, sous le nom d’École centrale de Nantes, l’actuelle Centrale Nantes, Polytech Nantes, les écoles d’ingénieurs internes à l’université, l’actuelle faculté des sciences et techniques, mais aussi les IUT (instituts universitaires de technologie) de Nantes, Saint-Nazaire et La Roche-sur-Yon. 

Le nouvel ensemble jouirait du statut d’EPSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel), celui de Centrale Nantes aujourd’hui. Une organisation que le cadre légal ne permet pas à l’heure actuelle, mais qui pourrait voit le jour en cas d’assouplissement de la loi. 

L’organisation séparée entre université, grandes écoles et organismes de recherche est scientifiquement inefficace, socialement délétère et illisible à l’international.
(O. Laboux)

un « élément important » du projet Isite

Dans un mail envoyé à l’ensemble des personnels à la suite du vote, Olivier Laboux a rappelé que cette feuille de route « est un élément important » du projet Isite, porté avec Centrale Nantes, le CHU de Nantes et l’Inserm. Selon lui, elle « renforce la crédibilité » de leur démarche en vue de l’audition finale qui aura lieu le 20 février 2017. Le regroupement nantais est finaliste avec huit autres candidats de la deuxième vague d’appel à projets Idex-Isite.

Olivier Laboux fait également le constat que « l’organisation séparée entre université, grandes écoles et organismes de recherche, avec pas moins de sept ministères de tutelle, atteint ses limites. Celle-ci est scientifiquement inefficace, socialement délétère et illisible à l’international. »

les syndicats vigilants

Le matin même du conseil d’administration, dès 6 h 30, une trentaine d’étudiants et de représentants du personnel de l’université s’étaient rassemblés. Présente à ce rassemblement, Émilie Bourdon, présidente de la section locale de l’Unef, fait part de craintes liées à l’augmentation des droits d’inscription, si le nouveau pôle venait à bénéficier d’un statut dérogatoire. L’Unef a d’ailleurs lancé une pétition demandant à ce qu’un référendum soit organisé sur ce sujet.

La veille, une assemblée générale des personnels avait réuni « entre 100 et 150 personnes », selon l’intersyndicale. « Les inquiétudes portaient principalement sur le statut de l’UFR de sciences au sein du grand ensemble, mais aussi sur le statut des enseignants-chercheurs », indique Yves Pouzaint, élu du Sgen-CFDT au conseil d’administration. À cet égard, il voit dans la décision de dénommer le pôle sciences et technologies de l’université, « École centrale de Nantes », « une grande maladresse ».

« Nous ne sommes pas contre l’idée de ce rapprochement mais contre la méthode employée, précise à EducPros le syndicaliste. La présidence nous demande de lui faire un chèque en blanc. Cela ne peut pas fonctionner comme ça ! » Yves Pouzaint aurait souhaité « une description précise des processus et de la concertation prévue dans le cadre du rapprochement. »

Il dénonce aussi le calendrier « à marche forcée. » La feuille de route a été envoyée à l’ensemble des administrateurs deux semaines avant le conseil d’administration et la création du pôle scientifique pourrait avoir lieu en janvier 2019. La première étape de ce rétroplanning : le vote des conseils d’administration est désormais acté. 

Les effectifs des actuels établissements
– Faculté des sciences et techniques de l’université de Nantes : 4.500 étudiants
– Centrale Nantes : 2.050 étudiants
– IUT de Nantes : 1.900 étudiants
– IUT de Saint-Nazaire : 1.490 étudiants
– IUT de La Roche-sur-Yon : 560 étudiants
– Polytech Nantes : 1.480 étudiants.

La potentielle future École centrale de Nantes regrouperait 11.000 à 12.000 étudiants.

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