Harcèlement à l’école, comment l’aider ?

Le comportement de votre enfant a brutalement changé. Il ne veut plus aller à l’école. Tantôt prostré, tantôt agressif, il a tendance à s’isoler et ne vous raconte plus rien ! Humiliations, chantage, rejet par les autres… Les conseils de notre spécialiste.Miléna, maman de Louna 10 ans.Vous souhaitez partager votre expérience ou vos questions ? Rendez-vous sur notre

Le comportement de votre enfant a brutalement changé. Il ne veut plus aller à l’école. Tantôt prostré, tantôt agressif, il a tendance à s’isoler et ne vous raconte plus rien ! Humiliations, chantage, rejet par les autres… Les conseils de notre spécialiste.

AU CAS PAR CAS LA SOLUTION

Il a honte

  • Soumis aux humiliations et au chantage répétés, votre enfant imagine qu’il est nul parce qu’incapable de se défendre. Ce sentiment d’impuissance engendre de la honte et de la culpabilité. Voilà pourquoi, il ne dit rien !

Ce qu’il faut faire

  • Essayez de repérer les éventuels signes chez votre enfant : mutisme, agressivité, prostration, refus d’aller à l’école, maux de ventre, de tête… Rassurez-le pour balayer sa culpabilité.
  • Ne tentez pas de régler directement le problème avec l’enfant « harceleur ». Rapprochez-vous de l’instituteur, le directeur d’école pour trouver des solutions entre adultes.
  • Ce qu’il faut lui dire. « Tu n’as pas à avoir honte, il n’y a aucune raison que Mathis s’en prenne à toi. C’est interdit et tu ne mérites pas ça. Ne t’inquiète pas, tu n’es pas seul, nous sommes là pour te protéger. »

Il sert de bouc émissaire

  • Un enfant peut être rejeté par ses camarades qui projettent sur lui, sans raison apparente, des choses négatives. Une façon pour eux de se réassurer : ils sont merveilleux et, lui, il est nul !

Ce qu’il faut faire

  • Essayez de comprendre avec l’équipe éducative ce qui a pu se produire et déstabiliser l’équilibre du groupe pour engendrer de tels comportements (une institutrice absente ou déprimée, un prof de judo nerveux…).
  • Soulagez votre enfant en lui faisant comprendre que ce qui se passe, même si c’est lui qui le subit, n’est pas lié à sa personnalité.
  • Ce qu’il faut lui dire. « Ce n’est pas de ta faute si tes camarades ne se comportent pas bien avec toi. Nous allons essayer de comprendre ce qui a pu se produire pour que les choses prennent cette tournure. »

Il a peur

  • Pour protéger ses frères et sœurs dans l’école, à la récré, ou sa famille en général, votre enfant préfère se taire. C’est pourtant dans la dénonciation que se trouve l’issue qui va lui permettre à lui et au harceleur de sortir de cette impasse.

Ce qu’il faut faire

  • Aidez-le à prendre conscience qu’il ne fait rien de mal en lâchant le morceau. C’est dans son intérêt mais aussi dans celui de son « harceleur ». Ce dernier doit certes être sanctionné, mais aussi pris en charge car il exprime un mal-être au travers de ses actions. Ne le diabolisez pas !
  • Ce qu’il faut lui dire. « Il n’y a aucune raison que tu subisses cela. Si tu me dis qui c’est, nous pourrons l’aider à s’arrêter et tout va finir par s’arranger. »

Paroles de maman

« Louna avait complètement changé de comportement. Elle passait de l’hyper-agressivité à la prostration, se plaignait de céphalées, rechignait à aller à l’école et n’invitait plus de copines ! A force de patience, j’ai fini par lui faire avouer qu’elle était malmenée par Théa. En me rapprochant de l’instit, j’ai compris que cette fillette avait de lourds problèmes familiaux et qu’elle avait surtout besoin d’une prise en charge. Théa a semblé soulagée. Elle a reçu un suivi thérapeutique et aujourd’hui les rapports entre elle et Louna sont au beau fixe ! » Miléna, maman de Louna 10 ans.

Frédérique Odasso avec Estelle Nicoud, psychologue clinicienne.

© Enfant Magazine

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