Les métiers de l’économie sociale et solidaire recrutent dans de nombreux secteurs

Dans l’édition 2017 de son guide « Ces secteurs qui recrutent », le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) fait la part belle aux métiers de l’ESS.

Travailleur social dans un centre d’accueil pour les migrants de l’association Emmaüs, en cours de construction à Ivry-sur-Seine, près de Paris, le 8 février.

700 000 départs à la retraite d’ici à 2025, dont 112 000 dès 2017 : les métiers de l’économie sociale et solidaire (ESS) vont avoir besoin de jeunes dans les prochaines années. C’est le message que souhaite faire passer le Centre de documentation et d’information jeunesse (CIDJ) à l’occasion de la parution de son guide 2017 « Ces secteurs qui recrutent ». Dans les secteurs du social, de la santé ou encore dans les assurances ou banques coopératives, certes « tous les départs à la retraite ne seront pas remplacés, note Michel Tardit, chargé de veille documentaire au CIDJ et coordinateur du guide, mais c’est bien dans l’ESS que les plus grandes perspectives de recrutement se trouvent ». Tour d’horizon.

Le secteur social

« A l’heure où les jeunes veulent de plus en plus un métier qui a du sens, il nous est paru intéressant de nous pencher sur l’ESS et les métiers avec une forte utilité sociale », explique Michel Tardit. Pour cela, le CIDJ s’est appuyé sur les données de l’étude « Départs à la retraite et opportunités d’emploi dans l’ESS », publié à la fin de 2016 par l’Observatoire national de l’ESS, qu’il a recoupé avec celles de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) ou encore de Pôle emploi. « L’ESS représente 2,3 millions de salariés dans plus de 200 000 établissements, cela représente 10 % de l’emploi en France », rappelle-t-il.

Le premier secteur d’emploi de l’économie sociale et solidaire est sans commune mesure le social. Et celui qui annonce le plus grand nombre de départs à la retraite. Selon l’Observatoire national de l’ESS, comptez 287 000 postes libérés d’ici à 2025, et 40 000 dès 2017. Les trois quarts des travailleurs sociaux relèvent du secteur associatif.

  • Aides à domicile

Comme l’avait pointé dès 2015 le rapport de France Stratégie sur « Les métiers en 2022 », les aides à domicile mais aussi les aides ménagers (es) et travailleurs (euses) familiales sont les métiers les plus impactés par les départs à la retraite, avec 40 % des effectifs arrivant à l’âge de cesser de travailler. Et ce sont quelque 160 000 emplois, peu qualifiés, qui pourraient être créés d’ici à 2022, « loin devant les ingénieurs informatiques » et leurs 90 000 créations nettes d’emplois, illustre Michel Tardit. Un bémol toutefois, qui explique les difficultés du secteur à recruter : une grande majorité de ces emplois sont des emplois à temps partiel, la « norme » dans le secteur, en tout cas jusqu’à aujourd’hui.

  • Cadres de l’intervention socio-éducative

Le secteur social ne demande pas que des métiers peu qualifiés. Psychologues, conseillers en insertion, éducateurs spécialisés, etc. : on dénombre quelque 26 000 cadres de l’intervention socio-éducative aujourd’hui « dont 45 % qui ont plus de 50 ans ». Selon les prévisions 2016 de l’APEC, jusqu’à 12 000 emplois de cadres par an sont susceptibles d’être créés. « La particularité de ce secteur est qu’il nécessite bien souvent un diplôme d’Etat ou un certificat d’aptitude », rappelle Michel Tardit.

Le secteur de la santé

La santé représente le quatrième secteur d’emplois de l’économie sociale et solidaire explique le CIDJ. Plus de 12 000 postes seront potentiellement libérés dès 2017, et 61 000 d’ici à 2025. Et ce, à la fois dans les métiers qualifiés et ceux qui demandent moins de formations.

  • Médecins

15 % des médecins salariés exercent dans le domaine de l’ESS, et 65 % des effectifs ont plus de 50 ans. Ainsi, selon l’enquête « Besoins en main-d’œuvre » de Pôle emploi, quelque 4 500 projets de recrutement de médecins étaient comptabilisés en 2016. Et cela devrait durer.

  • Infirmiers

Ce sont aussi 15 % des infirmiers qui exercent dans l’ESS, et près de 30 % d’entre eux ont plus de 50 ans. « Ils travaillent dans des établissements de santé qui dépendent de fondations, mais aussi naturellement dans des maisons de retraite ou des hôpitaux », commente Michel Tardit. Selon France Stratégie, entre 2012 et 2022 près de 219 000 postes seront à pourvoir, dont 92 000 créations nettes. Un quart des recrutements présente des difficultés.

Il est à noter aussi que, sur la même période, près de 233 000 postes d’aides-soignants seront à pourvoir.

  • Agents de services hospitaliers

Parmi les personnels non habilités à prodiguer des soins aussi, les recrutements devraient être au rendez-vous. Et ce dans des métiers peu qualifiés comme les agents de services hospitaliers qui sont pour un quart dans le domaine de l’ESS. Dans ce métier, ce sont 33 % des effectifs qui ont plus de 50 ans. Un seul hic : 30 % de ces postes sont des emplois saisonniers selon Pôle emploi. « On peut regarder du côté du verre à moitié vide ou de celui moitié plein, commente Michel Tardit, en se disant que ce sont des emplois facilement accessibles qui peuvent constituer une première expérience avant de rebondir sur autre chose. »

Les secteurs de la banque et de l’assurance

Les banques coopératives et mutualistes comptent plus de 170 000 salariés, explique le spécialiste, « soit presque autant que les banques commerciales hors ESS » et leurs 200 000 employés. C’est le troisième secteur d’emploi de l’ESS. Si dans ces secteurs les perspectives d’emploi sont moins importantes que dans les autres, les opportunités sont tout de même intéressantes pour ceux voulant servir le bien commun.

Dans ces deux secteurs, plus de 9 000 postes dans l’économie sociale et solidaire doivent être libérés dès 2017, et quelque 75 000 d’ici à 2025. « En termes de niveau de qualification, on note toutefois une hausse du niveau des recrutements », explique Michel Tardit. 80 % des embauches dans l’assurance se font ainsi avec un bac + 2 minimum. Dans le secteur de la banque, 90 % des recrutements se font avec un niveau bac + 2 ou3.

Les fonctions supports et l’administration

Parmi les métiers transverses de l’économie sociale et solidaire à la recherche de nouveaux profils, les secrétaires de direction représente respectivement 15 et 18 % des effectifs nationaux. Or, un tiers ont plus de 50 ans. De même, 43 % des effectifs de cadres des services administratifs de l’ESS ont plus de 50 ans et vont progressivement être amenés à être remplacés, comme 30 % des employés des services comptables ou financiers de l’ESS.

Mais c’est surtout du côté de l’informatique que les perspectives de recrutement se trouvent selon le CIDJ : « près de 400 entreprises du secteur informatique entrent dans le champ de l’économie sociale et solidaire. » Et les projections de France Stratégie prévoient 190 000 postes à pourvoir dans le secteur d’ici à 2022, dont trois quarts d’ingénieurs et un quart de techniciens.

Les jeunes et professionnels de l’orientation retrouveront dans la cinquième édition du guide « Ces secteurs qui recrutent » des fiches synthétiques présentant près de 400 métiers dans une soixantaine de secteurs (agroalimentaire, service à la personne, économie verte, informatique, etc.), avec les niveaux de qualifications requis, les possibilités de stages ou d’alternance et des listes indicatives d’entreprises ayant prévu des recrutements cette année.

Participez à « O21, s’orienter au XXIe siècle »

Comprendre le monde de demain pour faire les bons choix d’orientation aujourd’hui : après Lille ( les 6 et 7 janvier), « Le Monde » organise son nouvel événement O21 à Cenon (près de Bordeaux, les 10 et 11 février au Rocher de Palmer), à Villeurbanne (les 15 et 16 février) et à Paris (4 et 5 mars, à la Cité des sciences et de l’industrie). Deux jours pendant lesquels lycéens et étudiants peuvent échanger avec des dizaines d’acteurs locaux innovants, qu’ils soient de l’enseignement supérieur, du monde de l’entreprise ou des start-up.

Pour participer à une ou plusieurs conférences et ateliers, il suffit de s’inscrire gratuitement en ligne, à O21 Cenon, O21 Villeurbanne et O21 Paris. Le ministère de l’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les enseignants et établissements peuvent y emmener leurs élèves sur le temps scolaire. Pour les classes ou les associations, les inscriptions s’effectuent de façon groupée par l’envoi d’un simple e-mail à l’adresse [email protected]

Lors de ces événements sont également diffusés des entretiens en vidéo réalisés avec trente-cinq personnalités de 19 ans à 85 ans qui ont accepté de traduire en conseils d’orientation pour les 16-25 ans leur vision du futur.

Placé sous le haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, O21 est également soutenu, au niveau national, par quatre établissements d’enseignement supérieur (Audencia, l’Essec, l’Epitech, et l’alliance Grenoble école de management – EM Lyon). Localement, l’événement est porté par les conseils régionaux des Hauts de France, de Nouvelle Aquitaine et d’Ile-de-France, les villes de Cenon et de Villeurbanne et des établissements d’enseignement supérieur.

  • Séverin Graveleau
    Journaliste au Monde
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