Il est dyslexique, que faire ?

Quand votre enfant lit une histoire avec vous, Pinocchio devient Binopio ! Pas très à l’aise avec les mots, il inverse les syllabes, confond certaines lettres… sans compter qu’il se perd très vite d’une ligne à l’autre.Ces difficultés normales ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles persistent au-delà de la première année d’apprentissage.Du CP à la 6e chaque rentrée compte ! 

Quand votre enfant lit une histoire avec vous, Pinocchio devient Binopio ! Pas très à l’aise avec les mots, il inverse les syllabes, confond certaines lettres… sans compter qu’il se perd très vite d’une ligne à l’autre.

A ses débuts en lecture, tout enfant peut présenter les symptômes apparents de la dyslexie puisqu’il s’agit d’un trouble de la lecture et de l’acquisition de son automatisme (ex : il inverse les sons). Ces difficultés normales ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles persistent au-delà de la première année d’apprentissage. Seul un enfant par classe présente ce trouble (5 %) dont 1 % de cas sont sévères.

C’est quoi le problème ?

  • Les difficultés de lecture ne sont pas toutes liées à la dyslexie. Vérifiez d’abord si le problème n’est pas dû à un déficit auditif, un trouble de la vue, de l’élocution ou à un désintérêt global d’origine affective. Après avoir éliminé ces causes potentielles, il est possible de parler de dyslexie.
  • La dyslexie est un trouble de l’apprentissage que l’on retrouve chez des enfants intelligents, normalement scolarisés, indemnes de troubles sensoriels et psychologiques préexistants. Un certain nombre d’enfants surdoués sont d’ailleurs dyslexiques.
  • L’enfant confond à la lecture certaines lettres de forme voisine ou proches phonétiquement : m, n, s ou ch, f et v… Les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d), les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s). Dès lors, « piton » devient « bidon », « hippopotame » se transforme en « hippopapame »…
  • Il inverse l’ordre des lettres (« on » est lu « no », « bras » est lu « bar » ou « rab »). Il omet certains sons (« parapluie » devient « parapuie ») ou , en ajoute, au contraire (« escapade » est lu « cascapade »).
  • Il ne se repère pas bien dans le temps (passé, présent, futur).
  • Sa mémoire immédiate lui fait défaut. Il a des difficultés à retenir les poésies, les tables de multiplication.
  • Il ne sait pas s’organiser, son cartable et sa trousse sont toujours en désordre.
  • Il passe beaucoup de temps à réfléchir aux petits détails et néglige ce qui a la plus grande importance.
  • Il se fatigue vite, éprouve des difficultés à se concentrer.

Faites le point avec un spécialiste

Demandez à votre pédiatre ou médecin généraliste un bilan chez l’orthophoniste pour un diagnostic plus précis. C’est au début du CE1 que le dépistage est le plus sûr.

  • Les neurosciences offrent aujourd’hui une connaissance fine des mécanismes du langage humain. Dyslexie et dysorthographie sont dues à un mauvais fonctionnement de ces mécanismes fondamentaux. Sont notamment en jeu : les fonctions langagières proprement dites (« réseaux » spécifiques à la lecture/compréhension) ainsi que les fonctions capitales permettant l’acquisition et l’utilisation du langage (attention, mémoire, notions d’espace, de temps, capacité de logique, de séquentialisation, d’abstraction, etc.).
  • Du fait de la multiplicité des facteurs, il existe plusieurs dyslexies qui se différencient par le mode de « mauvais traitement » de l’information, par la répartition et l’intensité des troubles (légers, moyens, majeurs ou sévères).

Quelles solutions en cas de dyslexie ?

  • Aidez-le à s’organiser. Il faut lui apprendre à se créer des repères (visuels, tactiles, auditifs…) pour s’y retrouver dans son cartable comme dans la cour de récré ! Trouvez des astuces : couvrez livres et cahiers d’une même matière de la même couleur, faites des tableaux à accrocher au-dessus du bureau…
  • Développez son sens de l’orientation, en jouant aux devinettes « spatiales ». Au lieu de dire « chaud-froid », indiquez-lui : « à droite », « à gauche », « tout droit », « recule »… en inversant les rôles.
  • N’excluez pas un soutien psychologique. Il peut être parfois conseillé en complément aux séances de rééducation.
  • Entretenez-vous avec l’enseignant. Il veillera à adapter ses exigences en fonction du trouble de votre enfant.
  • Prenez contact avec les associations. Elles pourront vous aider et vous informer.

Charlotte Valade avec Ariel Conte, psychanalyste, président de l’association Corydis.

© Enfant Magazine

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