O21 : « Il faut apprendre à célébrer l’échec »

Pour Dorian Olmedo, cofondateur de la start-up Oranges & Co, les échecs académiques et professionnels s’avèrent souvent plus formateurs que les succès. Entretien.

Dorian Olmedo à O21 Bordeaux.

Chaque année, plus de 85 % des étudiants inscrits en première année de médecine échouent au concours d’entrée en deuxième année. Dorian Olmedo, aujourd’hui âgé de 33 ans, en a fait partie. Mais il considère cet échec comme un moment fondateur de sa trajectoire professionnelle.

Invité de la conférence « A qui me fier ? Mes potes, mes notes, mes rêves ? » organisée dans le cadre d’O21 / s’orienter au 21e siècle, les 10 et 11 février à Cenon, Dorian Olmedo a fait des études de commerce, passé six ans en entreprise et monté deux start-up. La plus récente, Oranges & Co conçoit des distributeurs automatiques de jus d’orange frais pressé pour les lieux publics et les entreprises. Il revient sur sa carrière et incite à dédramatiser les erreurs de parcours. Entretien.

Mauvais résultat à un examen, changement d’orientation, projet qui ne prend pasLes échecs peuvent-ils être structurants ?

Je dis souvent que j’ai eu la chance de rater mes études et que ma vie est, en quelque sorte, une succession d’échecs. Petit, je souhaitais être médecin ou kinésithérapeute du sport, mais j’ai échoué au concours d’entrée en deuxième année de médecine. Cela a provoqué un déclic. Pendant la période de césure qui a suivi, j’ai découvert que j’aimais le relationnel et que j’étais fait pour les études de commerce.

Ensuite, dans la vie active, j’ai changé plusieurs fois d’entreprise et abandonné mon premier projet entrepreneurial pour lancer ma start-up actuelle. Winston Churchill disait : « le succès, c’est d’aller d’échec en échec avec le sourire. » Pour moi, mes erreurs de parcours ont été salvatrices.

La célébration de l’échec est-elle répandue ?

Non, en France, on stigmatise l’échec. On nous considère coupable d’échouer alors que c’est une chance. Il faut développer la culture de l’échec, apprendre à l’apprécier et le célébrer parce qu’on n’apprend rien de ses succès. On n’a rien à perdre, car il restera toujours l’expérience, qui nourrit l’intelligence émotionnelle et nous construit.

L’entrepreneuriat change-t-il le rapport à l’échec ?

Avant de me lancer dans l’entrepreneuriat, j’avais l’impression d’avoir réussi dans « la » vie. Mais pas d’avoir réussi « ma » vie. Puis, fonder et planter ma première start-up m’a poussé à lancer la seconde. Dans les start-up, la culture de l’échec est très prononcée, car tout va très vite. Il faut s’adapter rapidement et être agile. Cet état d’esprit est absent des grands groupes en raison de la bureaucratie et du statut salarial.

A qui, à quoi peut-on se raccrocher lorsqu’on échoue ?

Il faut croire en soi et s’autoriser à rêver. Quand on échoue, on passe par ce qu’Elisabeth Kubler appelle la « courbe du changement ». L’échec est comparable au deuil. Il y a d’abord une phase de choc, puis de déni. L’acceptation arrive en dernier. Mon conseil est donc : « ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir », comme disait Steve Jobs. Vivez vos rêves, ne rêvez pas votre vie.

Après Lille et Cenon, Le Monde organise son événement O21 / s’orienter au 21e siècle à Villeurbanne (15 et 16 février) et à Paris (4 et 5 mars). Inscription gratuite, places limitées.

  • Paloma Soria
    Journaliste au Monde

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