BTS, DUT… Les filières courtes rassurent les familles

Les formations bac + 2 offrent un cadre d’études rassurant tout en laissant la porte ouverte à des études longues.

Le "Club innovation" : un lieu ou l'IUT encourage les collaborations transversales (etudiants dans differents domaines complementaires) sur des projets communs, sur la base du volontariat.

« La fac ce n’est pas pour mon fils, il n’est pas autonome. Je veux qu’il soit encadré. Je ne le vois pas non plus en prépa, il n’est pas assez solide », estime Frédéric Cardi, père d’Elliot, élève en terminale S. Seule solution à ses yeux : « Un IUT [institut universitaire de technologie] ou une STS [section de technicien supérieur], le temps qu’il mûrisse. Il verra bien après. »

Les élèves de terminale sont nombreux à opter pour une filière courte de l’enseignement supérieur. Selon le rapport « Regards sur l’éducation » 2016, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 38 % des diplômés du ­supérieur, en France, ont décroché un bac + 2, contre 17 % en moyenne dans les autres pays. « Elles sont dans la continuité de ce qui se fait au lycée : de petits ­effectifs, des emplois du temps chargés, des professeurs ­connais­sant bien les étudiants », analyse Eric Perarnaud, directeur du ­centre d’information et d’orientation (CIO) de Bordeaux.

Anatole Baquet (21 ans), en première année du cycle ingénieur à l’université de technologie (UTC) de Compiègne, a d’abord passé deux mois sur les bancs de l’université, avant de rejoindre l’IUT d’Orsay à la fin du ­premier semestre, en rentrée décalée : « J’avais besoin d’être davantage cadré, à l’université je n’arrivais pas à me motiver. J’étais trop libre. »

Autre avantage des formations courtes : leur maillage territorial. « Pour certaines familles, notamment en milieu rural, laisser partir son enfant dans une grande ville pour rejoindre une université ou une école est angoissant », souligne Geneviève Robardey, directrice du CIO de Nancy. Elles vont donc rechercher des formations de proximité : IUT et STS.

Taux de réussite élevés

Les formations bac + 2 offrent également des taux de réussite élevés (78 % en BTS, 75 % en DUT quand seulement 40 % des étudiants décrochent une licence en trois ou quatre ans). « Et ce sont des diplômes très efficaces sur le marché du travail », fait valoir Eric Charbonnier, analyste à l’OCDE.

« Un argument déterminant surtout pour les élèves boursiers », souligne Eric Biset, proviseur du lycée Courot de Savigny-sur-Orge (Essonne). Laura Creusot (21 ans), en première année d’ingénieur à l’UTC, en témoigne. Après son bac, elle a opté pour un BTS bio­analyses et contrôles, à Valenciennes (Nord). « Je voulais obtenir ­rapidement un diplôme en cas de problème. Le fait d’aborder des études d’ingénieur avec un BTS en poche me rend plus sereine. »

Pour des élèves de terminale, « s’inscrire à la fac implique d’aller jusqu’au master, cela en décourage plus d’un », remarque Sylviane Sanchez, conseillère d’orientation psychologue à Bordeaux.

« Après trois ans de lycée, je voulais faire des choses plus concrètes », reconnaît Malo Fage (21 ans), qui a rejoint un bachelor en hôtellerie après un DUT gestion des administrations (GA). Et c’est « parce [qu’il] n’avait pas envie de faire des maths de façon intensive en prépa » que Florent Helle (21 ans), en première année du cycle ingénieur à l’Ecole nationale supérieure d’agronomie et des industries alimentaires (Ensaia) de Nancy, a, lui, choisi l’IUT.

Avec près de deux tiers de bacheliers généraux, les IUT sont devenus un moyen alternatif d’accéder à une école ou à l’université sans passer par une classe préparatoire ou une licence. Pour preuve, plus de 80 % des diplômés poursuivent des études après l’obtention de leur diplôme. C’est moins vrai pour les BTS. Cette voie de contournement est d’autant plus appréciée qu’elle est sélective.

Participez à « O21, s’orienter au 21e siècle »

Comprendre le monde de demain pour faire les bons choix d’orientation aujourd’hui : après Lille, Cenon (près de Bordeaux) et Villeurbanne, Le Monde organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Paris, samedi 4 et dimanche 5 mars, à la Cité des sciences et de l’industrie. Deux jours pendant lesquels lycéens et étudiants peuvent échanger avec des dizaines d’acteurs locaux innovants, qu’ils soient de l’enseignement supérieur, du monde de l’entreprise ou des start-up.

Pour participer à une ou plusieurs conférences et ateliers, il suffit de s’inscrire gratuitement en ligne, à O21 Paris. Le ministère de l’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les enseignants et établissements peuvent y emmener leurs élèves sur le temps scolaire. Pour les classes ou les associations, les inscriptions s’effectuent de façon groupée par l’envoi d’un simple e-mail à l’adresse [email protected]

Lors de ces événements sont également diffusés des entretiens en vidéo réalisés avec trente-cinq personnalités de 19 ans à 85 ans qui ont accepté de traduire en conseils d’orientation pour les 16-25 ans leur vision du futur.

Placé sous le haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, O21 est également soutenu, au niveau national, par quatre établissements d’enseignement supérieur (Audencia, l’Essec, l’Epitech, et l’alliance Grenoble école de management – EM Lyon). Localement, l’événement est porté par les conseils régionaux des Hauts de France, de Nouvelle Aquitaine et d’Ile-de-France, les villes de Cenon et de Villeurbanne et des établissements d’enseignement supérieur.

  • Isabelle Dautresme

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