Saison 2 des Idex : un Idex, sept Isite

Ouverte il y a deux ans et demi, la saison 2 des Idex s’achève ce vendredi 24 février 2017. Sur les neuf regroupements encore en lice, l’Université de Lyon est labellisée Idex et sept dossiers se voient décerner un Isite, dont Lille qui visait l’Idex. Seul le projet de Rennes est recalé.

PIA 2 dernière vague

L’annonce des résultats Idex/Isite du 24 février marque la fin des Idex/Isite portés par le Programme d’investissements d’avenir. // © David Richard-Franck CRUSIAUX/REA-Laurent Cerino/REA-UR1-UNantes

Ouverte il y a deux ans et demi, la saison 2 des Idex s’achève ce vendredi 24 février 2017. Sur les neuf regroupements encore en lice, l’Université de Lyon est labellisée Idex et sept dossiers se voient décerner un Isite, dont Lille qui visait l’Idex. Seul le projet de Rennes est recalé.

Dernier round de sélection. Ce 24 février 2017 marque la fin de deux ans et demi de travail, de concertations mais aussi de tensions pour les neuf regroupements finalistes des Idex. Les résultats finaux consacrent huit projets sur neuf. L’Université de Lyon est le seul regroupement à recevoir le label Idex. Lille, qui candidatait dans cette catégorie, obtient finalement un Isite. Six autres regroupements sont également qualifiés d’Isite : Montpellier, Pau, Clermont, Nantes, Paris-Est, Paris-Seine. Seul Rennes n’a rien obtenu.

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a ainsi suivi les avis du jury international, qui a auditionné les porteurs de projet les 20 et 21 février 2017. Contacté par EducPros, le secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, Thierry Mandon, se réjouit : « C’est un quasi grand chelem, c’est sans précédent ! Mais ce n’est pas le fruit du hasard. De l’aveu même du jury avec qui j’ai discuté, ces résultats démontrent une qualité croissante des dossiers autour de vraies stratégies, d’une créativité sur la gouvernance, avec des projets primés qui ne sont pas tous des fusions, et un souci d’articulation avec les entreprises et les collectivités territoriales. »

Le jury a assorti ses propositions de recommandations qui devront être mises en place durant la période probatoire des projets, et, dans certains cas, assortis de conditions à deux ans. Les dotations de ces lauréats seront rendues publiques mi-mars, ainsi que celles des deux Idex et deux Isite distinguées lors de la première vague de sélection en janvier 2016 (Grenoble, Nice, Bourgogne-Franche Comté, Lorraine).

LYOn, Grand Vainqueur

Qualifié de « prometteur » lors de la première saison, le projet de l’Université de Lyon-Saint-Étienne fait figure de grand vainqueur. « L’obtention de l’Idex est l’aboutissement du travail mené depuis trois ans et demi », fait savoir Khaled Bouabdallah, président de la Comue Université de Lyon, qui se dit « très, très heureux ». Au cœur du projet, la création d’une université intégrée d’ici 2020 : « D’ici quelques années, les structures rassemblant universités et écoles seront la norme, mais les types d’organisation seront différents sur chaque site », prédit le président de la Comue lyonnaise. Dans un premier temps, le projet avait été retoqué par l’université Lyon 3, un épisode qui traduisait « un besoin d’explications supplémentaires des personnels, que nous avons pris le temps de donner ».

Lille : un ISite en guise de consolation

Pas d’Idex pour Lille, mais un Isite en lot de consolation. Après les précédents échecs lors du PIA 1, Fabienne Blaise, présidente de l’université Lille 3, se montre positive, bien que le projet Université Lille-Nord-Europe n’ait pas obtenu l’Idex. « Le fait de décrocher l’Isite met fin à la malédiction qui planait sur le site lillois et montre que la stratégie du dernier projet – autour d’une université intégrée et d’une dimension européenne assumée – était la bonne », déclare-t-elle. « Lille a obtenu un Isite car le jury a estimé que le projet était excellent sur trois pôles et que ce périmètre correspondait plus à un Isite qu’à un Idex« , analyse Thierry Mandon.

vague d’Isite, vague de satisfaction

Six autres Isite ont été décernées à Montpellier, Clermont, Nantes, Pau, Cergy et Paris-Est. Chacun exprime son contentement. Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, indique à EducPros : « Nous sommes très heureux que le projet Isite Future ait été distingué. Le rapprochement entre écoles d’ingénieurs, école d’architecture et organisme de recherche a convaincu. Le jury a valorisé des transformations qui pourront faire école et qui entraîneront, à terme, une évolution du paysage national. »

François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise, fait également part de sa « satisfaction » : « Nous aurions été très déçus de ne pas obtenir l’Isite car nous avons la volonté de construire une université qui, dans dix ans, appartiendra au top 200 mondial et ne sera plus cataloguée comme université de banlieue. Nous attendons désormais de voir les notes obtenues par les différents projets pour nous positionner », précise-t-il.

Rennes, SEUL RECALé

Seul le projet de Rennes est recalé. L’IsiteForUniv n’a pas convaincu. Après la fusion avortée entre Rennes 1 et Rennes 2, le site se dirige vers un rapprochement inédit, mêlant les deux universités, l’ENS, Chimie Rennes, l’Insa et Sciences po. Objectif annoncé : la création, dès 2019, d’une nouvelle université intégrée « de type expérimental ».

« Outre les compétences propres à une université qui se mettront progressivement en place jusqu’à la création [de la structure]en 2019, [les universités et écoles impliquées] ont également adopté le principe de la mise en œuvre, dès 2017, d’une signature unique des publications scientifiques« , indiquaient les établissements dans un communiqué commun, le 10 février 2017. Pour le moment, les porteurs de projet ne souhaitent pas s’exprimer sur la décision du jury.

20 primés depuis 2011

Symboliquement, ces résultats marquent la fin de la sélection des Idex/Isite portés par le Programme d’investissements d’avenir annoncé en 2009 par Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Depuis 2011, date de l’annonce des tout premiers résultats, 20 dossiers auront finalement obtenu le label : neuf ont aujourd’hui un Idex (Strasbourg, Aix-Marseille, Bordeaux, PSL, Sorbonne Universités, Saclay, Nice, Grenoble et Lyon), neuf un Isite (Lorraine, Bourgogne-Franche-Comté et Montpellier, Clermont, Nantes, Pau, Lille, Cergy et Paris-Est).

Parmi eux, PSL, Sorbonne Universités et Paris-Saclay doivent encore faire leurs preuves pour pouvoir bénéficier entièrement des retombées financières de leur labellisation : en avril 2016, ces trois regroupements ont vu leur période probatoire de quatre ans reconduite (dix-huit mois pour PSL et Paris-Saclay et deux ans pour Sorbonne Universités). Le temps, selon le jury international Idex, de consolider leur dossier et d’approfondir leur modèle d’université intégrée. Un nouvel examen des dossiers doit intervenir à l’automne.

Une deuxième chance pour les Déchus de l’Idex

D’autres, c’est le cas de Toulouse et de l’USPC (Université Sorbonne-Paris-Cité), ont tout bonnement, au printemps 2016, vu leur Idex stoppé. Depuis, les deux regroupements travaillent à l’élaboration d’un nouveau projet afin d’éventuellement poursuivre l’aventure Idex et donc de débloquer l’enveloppe budgétaire l’accompagnant.

Une perspective qui pousse les établissements à revoir leurs copies et à bousculer leur calendrier pour aboutir au plus vite à une fusion de leurs universités membres. Au prix de tensions. À Toulouse, les conseils d’administration des trois universités ont finalement voté en faveur du projet de fusion, Toulouse 2 ayant procédé à ce vote le 10 février. À l’USPC, la fusion devrait se faire entre Paris 3, Paris 5 et Paris 7, Paris 13 étant seulement associée. Le 17 février, le conseil d’administration de la Comue a dû être repoussé, des personnels opposés au projet ayant manifesté devant le siège de la CPU (Conférence des présidents d’universités), où se tenait le conseil d’administration.

Les deux recalés ont fait parvenir leur nouvelle lettre d’intention au CGI (Commissariat général à l’investissement) mi-février. Le comité de pilotage Idex doit donner son avis courant mars : à cette date, Toulouse et l’USPC sauront s’ils peuvent de nouveau se porter candidats.

Place au PIA 3

En cas de réponse positive pour Toulouse et le regroupement parisien, ces derniers seraient les ultimes lauréats d’un Idex ou un Isite. Le PIA 2 a d’ores et déjà laissé place à un troisième programme d’investissement d’avenir. Annoncé au mois de juin 2017, il est entré en phase active le 16 février pour l’enseignement supérieur.

Finis les Idex, a priori. Aucun appel à projets Initiatives d’excellence n’est prévu pour le moment dans le PIA 3. Désormais, les établissements pourront se positionner sur deux nouveaux appels à projets appelés « nouveaux cursus à l’université » et « écoles universitaires de recherche ». Les candidatures ouvriront dans les prochains jours, pour des premiers résultats attendus en octobre. Thierry Mandon en est convaincu : « il faut maintenant diversifier les formes de reconnaissance de l’excellence. » Et trouver ainsi de nouveaux gagnants…

Les lauréats depuis 2011

RegroupementPIAVagueIdex / Isite
BordeauxPIA 1Vague 1Idex
Paris Sciences et LettresPIA 1Vague 1Idex
StrasbourgPIA 1Vague 1Idex
Aix-MarseillePIA 1Vague 2Idex
ToulousePIA 1Vague 2Idex – stoppé
Sorbonne UniversitésPIA 1Vague 2Idex
Sorbonne-Paris-CitéPIA 1Vague 2Idex – stoppé
Paris-SaclayPIA 1Vague 2Idex
NicePIA 2Vague 1Idex
GrenoblePIA 2Vague 1Idex
LorrainePIA 2Vague 1Isite
Bourgogne Franche-ComtéPIA 2Vague 1Isite
LyonPIA 2Vague 2Idex
LillePIA 2Vague 2Isite
ClermontPIA 2Vague 2Isite
Paris-EstPIA 2Vague 2Isite
PauPIA 2Vague 2Isite
MontpellierPIA 2Vague 2Isite
NantesPIA 2Vague 2Isite
CergyPIA 2Vague 2Isite

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