Les IUT jouent la carte du territoire

Plus que d’autres filières du supérieur, ces instituts jouent la carte de la proximité géographique.

Drapeaux à l’entrée de l’IUT de Nancy-Brabois.

« Il y a toujours un IUT près de chez soi », pourrait-on dire en parodiant une publicité ancienne. Avec 113 établissements implantés sur quelque 200 sites, les instituts ­universitaires de technologie sont en effet ­présents sur tout le territoire. Plus que d’autres filières du supérieur, ils jouent la carte de la proximité géographique, qui constitue un de leurs traits distinctifs.

« Ce maillage serré nous permet d’offrir aux étudiants des formations universitaires proches de leur domicile, explique Bernard Lickel, directeur de l’IUT Robert-Schuman de Strasbourg et président de l’Association des directeurs d’IUT (Adiut). Beaucoup d’entre eux sont issus de milieux modestes. Leur premier souhait est de ne pas trop s’éloigner du foyer familial, au moins en 1re et 2années. Ils évitent ainsi d’avoir à financer un logement et des déplacements onéreux. »

Pour les cinq IUT alsaciens, par exemple, 85 % des inscrits proviennent de l’académie. Aussi les établissements se concertent-ils pour présenter, dans chaque région, une offre de formations aussi complète que possible. Seuls quelques programmes spécifiques, comme le DUT carrières ­juridiques, demeurent peu répandus.

Vivier de compétences

De leur côté, les entreprises voient dans les IUT autant de viviers de compétences au plan local. « Les industriels apprécient de trouver sur place les recrues dont ils ont besoin. C’est pourquoi nous collaborons ­depuis longtemps avec les IUT, afin que leurs formations répondent aux attentes de nos entreprises, indique Séverine Delavernhe, chargée de l’enseignement supérieur et de la professionnalisation à l’Union des ­indus­tries et métiers de la métallurgie (UIMM). Nous sommes notamment très présents au sein de leurs conseils d’établissement, qui ­définissent leurs orientations stratégiques. »

Si les programmes des IUT sont conçus au plan national, en lien notamment avec les grandes fédérations professionnelles, 20 % environ font l’objet d’une adaptation au niveau local. Ainsi, à Saint-Nazaire, ­le génie civil est largement axé sur l’aménagement portuaire.

Ces collaborations revêtent des formes variées : accueil de stagiaires et recrutement de diplômés, mais aussi participation aux jurys, et parfois mise à disposition de matériels… Sans oublier le financement, avec la taxe d’apprentissage. Dans certaines formations, comme les licences professionnelles, des ­cadres participent aussi aux enseignements.

Soutien financier des collectivités locales

« C’est un système qui fonctionne de façon équilibrée, estime Séverine Delavernhe. Tout le monde y trouve son compte. Nous ­essayons de le développer encore, par ­exemple en travaillant ensemble sur les blocs de compétences, dans une optique de formation tout au long de la vie. » Plusieurs IUT (à Grenoble, Chambéry, Strasbourg…) ont également créé des clubs de partenaires, qui permettent de renforcer encore ces liens avec les entreprises.

Quant aux collectivités locales, beaucoup se mobilisent autour de « leur » IUT – surtout à l’écart des grandes agglomérations. Elles apportent aux instituts un soutien ­financier, offrent des aides pour les transports, mettent à disposition des locaux… « Avoir un IUT sur son territoire favorise le maintien des jeunes sur place et constitue un facteur d’attractivité pour les entreprises, note Bernard Lickel. C’est un atout pour le développement local. » Les IUT contribuent ainsi à façonner les territoires et à faire ­vivre leur économie.

Participez à « O21, s’orienter au 21e siècle »

Comprendre le monde de demain pour faire les bons choix d’orientation aujourd’hui : après Lille, Cenon (près de Bordeaux) et Villeurbanne, Le Monde organise O21 / s’orienter au 21e siècle à Paris, samedi 4 et dimanche 5 mars, à la Cité des sciences et de l’industrie. Deux jours pendant lesquels lycéens et étudiants peuvent échanger avec des dizaines d’acteurs locaux innovants, qu’ils soient de l’enseignement supérieur, du monde de l’entreprise ou des start-up.

Pour participer à une ou plusieurs conférences et ateliers, il suffit de s’inscrire gratuitement en ligne, à O21 Paris. Le ministère de l’éducation nationale étant partenaire de l’événement, les enseignants et établissements peuvent y emmener leurs élèves sur le temps scolaire. Pour les classes ou les associations, les inscriptions s’effectuent de façon groupée par l’envoi d’un simple e-mail à l’adresse [email protected]

Lors de ces événements sont également diffusés des entretiens en vidéo réalisés avec trente-cinq personnalités de 19 ans à 85 ans qui ont accepté de traduire en conseils d’orientation pour les 16-25 ans leur vision du futur.

Placé sous le haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, O21 est également soutenu, au niveau national, par quatre établissements d’enseignement supérieur (Audencia, l’Essec, l’Epitech, et l’alliance Grenoble école de management – EM Lyon). Localement, l’événement est porté par les conseils régionaux des Hauts de France, de Nouvelle Aquitaine et d’Ile-de-France, les villes de Cenon et de Villeurbanne et des établissements d’enseignement supérieur.

  • Jean-Claude Lewandowski
    Journaliste au Monde

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