Une « histoire française »: Najat Vallaud-Belkacem se raconte

La ministre de l’éducation évoque dans son livre son enfance, sa jeunesse dans les quartiers Nord d’Amiens… Mais aussi la vie dans l’arène politique.

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On a peu vu, durant ce quinquennat, de ministre qui communique autant. Au long, elle qui n’a cessé d’enchaîner les interviews, les conférences de presse, les déplacements… Mais aussi sur ce ton concis que favorisent les nouvelles technologies – à coups de Tweets, de photos ou de vidéos. « A tort et à travers », disent ses détracteurs, prompts à railler la « ministre des selfies ».

Mais d’elle, Najat Vallaud-Belkacem n’avait jusqu’à présent guère parlé – ou si peu –, opposant le silence à ceux qui, nombreux, ne se sont pas gênés pour lui inventer une bio­graphie – celle d’une « ayatollah » franco-marocaine, « ministre de la rééducation nationale », pour ne citer que Valeurs actuelles qui l’a prise pour cible dès septembre 2014, sa première rentrée dans ce ministère de l’éducation jusqu’alors exclusivement masculin.

Que répondre à l’invective quand on a grandi en s’entendant répéter de « ne pas faire de vagues » ? « Laisser dire et ignorer l’insignifiant, écrit-elle dès l’amorce du récit autobiographique qu’elle publie le 1er mars. Par conviction intime, pour éviter les pièges, pour ne pas rajouter mon indignation à l’in­digne. » Le titre de l’ouvrage veut donner le ton, personnel. Une petite phrase en forme d’encouragement que lui murmure sa mère, les jours de doutes.

Précision, couleur, émotion

Avant même d’arriver en librairie, l’ouvrage s’est attiré, sur les réseaux sociaux, les railleries, voire le mépris, d’une frange du monde enseignant qui ne pardonne pas à « Najat » sa réforme du collège. De son parcours, ces professeurs n’ont que faire, quand bien même il symbolise la réussite dans et par l’école. Pourquoi prendre le risque de réveiller les critiques, à quelques semaines de la fin du quinquennat ? Nécessité politique, sans doute. Mais ce n’est pas ce que l’auteure met en avant. « Je ne m’appartiens plus tout à fait, écrit-elle, et, pourquoi, comment je suis devenue française semble poser problème à quelques-uns. (…). Cette petite histoire, la mienne, est aussi devenue une ­histoire collective, publique, démocratique, ­républicaine, politique. Une histoire française. »

L’histoire d’une enfant de l’immigration, dont les grandes lignes étaient connues – le départ du Maroc à 4 ans au titre du regroupement familial, l’enfance dans le Nord, les études à Paris, les premières batailles politiques à Lyon……

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