Présidentielle : l’apprentissage des savoirs de base au cœur du débat

Les candidats de droite et d’extrême droite fustigent le recul de l’apprentissage du « lire-écrire-compter ». Pourtant, le volume horaire consacré à ces « fondamentaux » n’a pas baissé depuis 1969.

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Quand tels candidats, à gauche, proposent de réduire le nombre d’élèves par classe, tels autres, à droite, prônent le retour aux « fondamentaux » à l’école primaire. Mis en sourdine, ces dernières semaines, par l’affaire Fillon, le débat sur l’éducation dans la campagne présidentielle n’en demeure pas moins intense, traversé par des propositions contradictoires et largement focalisées sur le « lire-écrire-compter » – ces savoirs de base sur lesquels butent plus de 20 % des élèves à l’entrée au collège.

Dans leurs meetings, dans leurs programmes, les candidats s’accordent sur la nécessité de « donner la priorité » aux premières années d’apprentissage afin de réduire ce noyau dur d’échec scolaire. Mais chacun à sa manière. En organisant, mardi 7 et mercredi 8 mars, une conférence de consensus sur le thème de la « différenciation pédagogique », le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) vient, indirectement, porter un éclairage scientifique sur ces idées de campagne.

A droite et à l’extrême droite, c’est une vieille antienne qui refait surface : l’école primaire n’enseignerait plus suffisamment le « lire-écrire-compter » ; elle se serait éparpillée dans trop de savoirs secondaires : histoire des arts, découverte du monde, sport, informatique… François Fillon propose de « consacrer les trois quarts du temps de classe à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du calcul ». Le candidat du parti Les Républicains y ajoute le « récit national » en histoire, enseigné au nom de « l’unité républicaine ». La candidate du Front national est sur une ligne semblable : Marine Le Pen souhaite « réserver, à l’école primaire, la moitié du temps d’enseignement au français, à l’écrit comme à l’oral ».

« Différenciation pédagogique »

La rhétorique est prompte à alimenter la nostalgie d’une école d’antan. Pourtant, il y a là une vision erronée de l’histoire et de l’école de Jules Ferry, comme le rappelle l’historien de l’éducation Claude Lelièvre : « Ce n’est pas le moindre des paradoxes que cette légende qui attribue au père fondateur de l’école républicaine une fixation sur le lire-écrire-compter, alors qu’il n’a cessé de lutter dans le sens contraire !, s’étonne-t-il. Pour Jules Ferry, il était clair que l’école primaire ne pouvait s’en tenir aux rudiments ; ce sont les autres disciplines qui, pour lui, la différenciaient de celle de l’Ancien…

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