A l’ancienne école

Uniforme, vouvoiement, levée des drapeaux, patrouilles d’élèves… Surfant sur l’image dégradée de l’école publique, la Fondation Espérance banlieues ouvre depuis 2012, dans des quartiers défavorisés, des écoles hors contrat aux méthodes alternatives.

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Emilie L., professeure de mathématiques, sciences et technologie pour les 6e et 5e, au cours Alexandre Dumas à Montfermeil, le 15 mars.

Le vendredi après-midi, c’est randonnée en forêt. Les élèves ont quartier libre. Les plus jeunes jouent à cache-cache dans les arbres. Les plus grands font une partie de foot, tandis qu’un groupe de copines bavarde sur l’herbe. Les garçons portent un sweat vert, les filles un sweat bordeaux, marqués de l’écusson de leur école : « Cours Alexandre Dumas, Montfermeil ». En Seine-Saint-Denis.

Un peu plus loin, sur une butte, Albéric de Serrant, chapeau en feutre et bâton à la main, survole des yeux sa troupe. Le directeur du Cours Alexandre Dumas – « catholique, aristocrate fauché de la campagne », comme il s’amuse à se présenter – est l’un des artisans des écoles de la fondation Espérance banlieues. Un réseau qui entend promouvoir « un nouveau modèle d’école pour mieux lutter contre l’échec scolaire et les tensions communautaires » dans les banlieues, sa terre de mission.

Uniforme, vouvoiement, levée des drapeaux, patrouilles d’élèves… Ce ne sont pas les Cadets de la défense, ni les scouts, mais des écoles privées, hors contrat avec l’éducation nationale et aconfessionnelles. Leur carte de visite : petits effectifs, méthodes « à l’ancienne », apprentissage des règles de vie en société, adhésion au patriotisme. Leurs visiteurs : des familles modestes, pour beaucoup issues de l’immigration et musulmanes, déçues de l’enseignement public.

Le Cours Alexandre Dumas, école pilote de ce réseau, a ouvert ses portes en 2012 dans des préfabriqués. Il comptait huit élèves au départ, ils sont 95 aujourd’hui. En cinq ans, sept autres écoles Espérance banlieues ont vu le jour, avec des effectifs de 90 élèves à Asnières-sur-Seine, 45 à Roubaix (Nord), dix à ­Saint-Etienne… Seul le Cours Alexandre ­Dumas propose une scolarité complète du cours préparatoire (CP) à la 3e. Sans que ses intervenants, dans leur grande majorité, ne soient diplômés de l’enseignement.

Roselmack et Debbouze pour parrains

Huit écoles, 342 élèves – sur un total de 12 millions dans le primaire et le ­secondaire en France –, Espérance banlieues ne pèse pas lourd. Pourtant, sa présence microscopique contraste avec sa forte présence dans les médias, suscitée par d’importants moyens marketing et le parrainage de célébrités telles que le présentateur de TF1 Harry Roselmack ou l’acteur et humoriste ­Jamel Debbouze.

Pour exister, le réseau a besoin d’être visible. Ne bénéficiant pas de subvention publique, il ne vit que grâce aux cotisations…

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Emilie L., professeure de mathématiques, sciences et technologie pour les 6e et 5e, au cours Alexandre Dumas à Montfermeil, le 15 mars.

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