Les écoles hors contrat, nouveau débat électoral

Montessori, catholiques « tradi », musulmans… ces établissements séduisent de plus en plus de parents.

édition abonné

Il fut un temps, pas si lointain, où les écoles hors contrat étaient un « angle mort » de l’éducation nationale, pour reprendre la formule d’un haut fonctionnaire du ministère, recueillie avant l’élection présidentielle de 2012. Elles ne faisaient à l’époque ni la « une » des médias, ni l’objet de promesses électorales. Ce temps-là est manifestement révolu.

François Fillon en a apporté la preuve en prenant fait et cause pour cette offre éducative issue de la société civile : s’il accède à l’Elysée, le candidat de la droite soutiendra la création d’un nouveau type d’établissements scolaires « indépendants et innovants » dans les zones en difficulté, a-t-il promis le 9 mars, devant une salle comble à Besançon, en vantant l’une des écoles du réseau Espérance banlieue visitée à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) cet hiver. M. Fillon a dit regretter que ces établissements ne soient « aujourd’hui pas aidés » – une absence de financement public qui remonte à la loi Debré (1959). Dans son programme, le mot « hors contrat » n’apparaît pas mais, pour les observateurs du microcosme scolaire, un pas a été franchi.

D’autant qu’il n’est pas le seul, durant cette campagne, à avoir donné de la visibilité à un secteur qui reste marginal (quelque 61 500 élèves scolarisés, sur un total de 12 millions) et pour le moins éclectique (écoles confessionnelles, laïques, Montessori, citoyennes, démocratiques…), mais qui se développe en marge de l’école publique et privée sous contrat : en décembre 2016, c’est le mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron qui avait convié, entre autres personnalités, le porte-parole de la fondation Espérance banlieue à sa convention sur l’école organisée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Silence de la gauche

Le FN compte, parmi ses engagements de campagne, la défense de la liberté de l’enseignement, avec des « contrôles sur le hors-contrat pour s’assurer de la conformité avec les valeurs de la République », avance Alain Avello, conseiller éducation de Marine Le Pen. La candidate frontiste s’était opposée à la ministre de l’éducation sur le régime d’ouverture des écoles hors contrat, en début d’année, lors d’un débat télévisé. Le FN ne reprend cependant pas à son compte l’idée, portée il y a dix ans par Jean-Marie Le Pen, du « chèque éducation » correspondant au « coût moyen d’un élève », qu’il appelait à distribuer aux familles pour leur donner le libre choix de…

L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous

Les écoles hors contrat, nouveau débat électoral

Il vous reste 73% de l’article à lire

Achetez cet article 2 € Abonnez-vous à partir de 1 € Découvrez l’édition abonnés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *