L’école primaire, « mère des batailles »

Présidentielle 2017. Les antagonismes sont vifs, notamment sur les moyens alloués et sur la conception du métier d’enseignant.

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Cette campagne électorale le ­confirme : l’éducation n’est pas un thème qui transcende les clivages politiques. Si elle ne s’est pas invitée à tous les prime times, elle n’en est pas moins un sujet central de cette élection présidentielle, ne serait-ce que parce qu’elle fait émerger des positions antagonistes. La gauche surjoue une école ancrée dans le XXIe siècle ; la droite, elle, surfe sur le fonctionnement d’antan, cette école au parfum de IIIe République – avec port de la blouse grise, autorité, recentrage sur le lire-écrire-compter… – alors même que celle-ci relève plus du fantasme que de la vérité historique.

Pour les uns, l’école est un investissement à amplifier. Pour les autres, une charge à alléger. On s’oppose sur tout : orientation précoce contre collège unique, excellence versus égalité, méritocratie ou justice sociale… C’est une bataille de valeurs qui se joue. Une guerre scolaire dont le contenu étonne peu, mais la vivacité, si. « A droite comme à gauche, on se replie sur des réflexes, des positions ­attendues », fait valoir François Dubet, pour qui « les clivages idéologiques n’ont jamais été aussi forts ».

Faire face à plus d’élèves

Opposition sur les moyens d’abord. A écouter François Fillon, « ce n’est pas le niveau de dépenses qui compte » pour améliorer les résultats de l’école. Le candidat du parti Les Républicains a confirmé, le 13 mars, sa volonté de réduire de 500 000 les emplois publics. On ne sait pas quel tribut aurait à payer l’éducation nationale, à peine remise de la purge de 80 000 postes sous le quinquennat de ­Nicolas Sarkozy, et alors qu’elle se prépare à faire face à plus d’élèves en collège et ­lycée. A l’inverse, Benoît Hamon reprend la logique du « plus de postes » adoptée par ce gouvernement-ci. Sans aller jusqu’aux « 60 000 emplois » dont François Hollande, en 2012, avait fait son slogan, le candidat socialiste envisage d’en octroyer 40 000 de plus à l’éducation nationale.

Dans son programme, officialisé ce 16 mars, M. Hamon flèche précisément les moyens : 20 000 postes pour réduire le nombre d’élèves par classe au primaire, 15 000 pour la formation continue des enseignants, 2 000 pour améliorer le remplacement, 3 000 pour garantir un droit à la scolarisation à partir de l’âge de 2 ans. Jean-Luc Mélenchon réclame 60 000 « recrutements », quand Emmanuel Macron annonce vouloir créer entre 4 000 et 5 000 emplois.

Opposition,…

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