Classement 2017 : ces lycées qui font réussir leurs élèves

Plutôt que d’affecter un rang aux établissements, Le Monde met à l’honneur les lycées qui répondent aux deux ambitions affichées par l’école républicaine : assurer la réussite et compenser les inégalités.

Vingt-trois ans après la décision du ministère de l’éducation nationale de diffuser chaque année une batterie de données relatives aux performances des lycées au baccalauréat, la question « qu’est-ce qu’un bon lycée ? » demeure irrésolue. La publication, mercredi 22 mars, des données 2017, portant sur les résultats du bac 2016, ne permettra pas, encore une fois, de trancher.

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Résumé à grands traits, le débat oppose les tenants de l’excellence pure, yeux rivés sur le taux de réussite au baccalauréat à l’exclusion de toute autre considération, à ceux qui, ministère en tête, insistent pour que le vivier d’élèves accueilli par chaque lycée soit pris en considération – l’idée étant ici de reconnaître les vertus d’établissements peut-être moins performants mais plus attentifs aux élèves dont les origines sociales et le niveau scolaire, statistiquement, prédisent une moindre réussite.

De la combinaison des données qu’elle recueille l’Education nationale déduit cinq profils. Le plus fourni, de loin, est celui des établissements dont l’effet est qualifié de « neutre » (53 %) : ils n’améliorent ni ne dégradent le destin scolaire prévisible de leurs élèves. A l’inverse : 18 % de lycées obtiennent des résultats « en deçà des attentes ». Les trois catégories restantes font mieux que prévu mais dans des registres ou avec des méthodes différents : 14 % d’établissements « performants » parviennent à faire mieux que leurs homologues à population scolaire identique ; 10 % décrochent d’excellents résultats mais en excluant les élèves qu’ils ne jugent pas au niveau (les « sélectifs ») ; 5 %, enfin, sont décrits comme « accompagnants » – bonne valeur ajoutée, mais modestes résultats bruts au bac.

Les critères que Le Monde a choisi de mettre en avant cette année distinguent les lycées qui répondent aux deux ambitions affichées par l’école républicaine : assurer la réussite et compenser les inégalités de naissance.

La première constitue un prérequis pour la majorité des familles, dans un contexte où le taux de réussite bat chaque année de nouveaux records. La dernière session du baccalauréat, dont les résultats définitifs viennent également d’être publiés par l’éducation nationale, a ainsi permis de diplômer 91,5 % des candidats au bac général (40,5 % des bacheliers), 90,7 % des candidats au bac technologique (15,7 % des bacheliers) et 82,5 % des candidats au bac professionnel (22,6 % des bacheliers).

La seconde demeure une priorité politique constante, quelle que soit la majorité. Elle est décrite par la « valeur ajoutée » des lycées : chacun se voit attribuer une série de taux de réussite attendus en fonction de l’origine sociale et du niveau scolaire de ses élèves ; la valeur ajoutée, positive ou négative, mesure l’écart à ce taux sur différents critères – capacité à accompagner les élèves de la seconde et de la première au bac, réussite au bac, etc.

Nous avons donc retenu quatre critères et leur avons affecté un poids égal : le taux de réussite au bac, le taux d’accès de la première au bac (favorable aux lycées qui évitent d’exclure leurs « mauvais » élèves), ainsi que les valeurs ajoutées attachées à ces deux taux.

Outre les établissements signalés dans notre infographie qui signale, académie par académie, les deux meilleurs lycées d’enseignement général et technologique, publics et privés, dont plus de cent élèves ont réussi le bac et qui proposent au moins deux séries générales dont S, vous trouverez sur Le Monde.fr la liste des deux cents lycées les plus performants en 2016 (cent lycées généraux et technologiques et cent lycées professionnels), ainsi qu’un accès aux résultats complets des 3 500 lycées français. Sur le site, nous avons par ailleurs fait le choix de ne pas classer les lycées ainsi identifiés autrement que par ordre alphabétique : leurs écarts de résultats et de valeur ajoutée sont, à l’échelle nationale, infinitésimaux.

  • Emmanuel Davidenkoff
    Journaliste au Monde

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