L'accélérateur MassChallenge à la conquête de la « Start-up Nation »

MassChallenge, l’accélérateur à but non lucratif originaire de Boston, s’est installé début 2016 à Jérusalem. Retour d’expérience, en amont de la Learning Expedition EducPros, organisée du 14 au 19 mai 2017.

L'accélérateur MassChallenge a ouvert début 2016 à Jérusalem.

L’accélérateur MassChallenge a ouvert début 2016 à Jérusalem. // © MassChallenge

MassChallenge, l’accélérateur à but non lucratif originaire de Boston, s’est installé début 2016 à Jérusalem. Retour d’expérience, en amont de la Learning Expedition EducPros, organisée du 14 au 19 mai 2017.

Le contraste est saisissant. D’un côté, les étals colorés de Mahane Yehuda, le grand marché alimentaire ouvert de Jérusalem ; et de l’autre, à moins de trois cents mètres de l’entrée du souk, les locaux très design du plus grand accélérateur de la planète, MassChallenge.

C’est un fait : lorsque la célèbre couveuse de Boston, née il y a près de six ans, a annoncé début 2016 l’ouverture d’une antenne israélienne dans la Ville trois fois sainte, la nouvelle en a surpris plus d’un.

Jérusalem, un choix surprenant

L’accélérateur de start-up à but lucratif, initié par John Harthorne, un ancien diplômé du MIT, n’a pas hésité une seule seconde sur le choix de Jérusalem, la seconde succursale étrangère de MassChallenge, qui opère désormais à Lausanne et Mexico City, après l’ouverture d’une première antenne à Londres. « Cela faisait très longtemps qu’Israël figurait sur nos radars« , souligne John Harthorne au moment de l’inauguration de MassChallenge Jerusalem.

Une allusion à peine voilée au fait que, chaque année, entre six et dix entrepreneurs israéliens font partie des dossiers sélectionnés par MassChallenge Boston. Depuis 2010, l’accélérateur américain a accompagné plus de 1.200 jeunes pousses, ayant levé plus de 1.8 milliard de dollars, généré près de 700 millions de chiffre d’affaires et créé plus 60.000 emplois. Compte tenu de ses ambitions, son équipe dirigeante aurait pu décider de mettre le cap sur Tel-Aviv, considérée comme l’épicentre de la « Start-up Nation ».

« Mais dans la mesure où nous sommes un organisme à but non lucratif, il nous est apparu beaucoup plus pertinent de choisir Jérusalem, afin de créer un véritable impact sur l’environnement », confie Israel Ganot, le directeur de Mass Challenge Israel, lui-même passé par les rangs de New York University, avant de décrocher un MBA à Harvard.

L’université hébraïque, le MIT de Jérusalem

Les arguments plaidant en faveur de la plus grande agglomération du pays n’ont pas manqué. Primo, une municipalité très favorable au projet, notamment en raison du parcours de son maire, l’ex-entrepreneur dans le secteur des high tech, Nir Barkat. Secundo, un partenaire académique de premier ordre, puisque l’université hébraïque de Jérusalem joue pour la ville un rôle similaire à celui du MIT de Boston. Et tertio, un écosystème d’innovation en plein essor.

Le fonds Jerusalem Venture Capital s’est par exemple imposé comme le premier acteur du pays à financer les start-up spécialisées en cybersécurité. Tout en abritant plusieurs initiatives, à l’instar de SifTech, un accélérateur à but non lucratif fondé il y a cinq ans par des étudiants issus du syndicat des étudiants de l’université hébraïque ; ou encore de Fresh.fund, le premier fonds israélien à être géré par des étudiants qui investissent dans des entreprises détenues par d’autres étudiants.

des start-up issues des territoires palestiniens

« Ce qui nous intéressait aussi, poursuit Israel Ganot, c’était que notre programme d’accélération démocratise l’accès aux ressources et qu’il soit tourné vers des entrepreneurs issus des ‘minorités’, comme les Arabes israéliens ou les entrepreneurs juifs ultraorthodoxes, deux groupes qui forment respectivement un tiers et un quart de la population de la ville ». D’après lui, la première promotion du MassChallenge Jerusalem, qui a accéléré pendant quatre mois 48 start-up sur un total de 500 candidatures, a en partie atteint ses objectifs en matière de diversité, sans pour autant imposer un système de quotas.

« Au sein du programme, nous avions notamment une équipe de Ramallah [Territoires palestiniens], et une équipe menée par des ultraorthodoxes », fait encore valoir ce responsable, qui se réjouit par ailleurs du niveau élevé (30 %) des start-up fondées par des femmes qui ont été retenues. Du côté des deux lauréats récipiendaires du premier prix du MassChallenge Jerusalem (d’un montant de 80.000 dollars) en novembre 2016, figuraient ainsi StellarNova, une jeune pousse qui veut inciter les jeunes filles du monde entier à s’engager dans des voies scientifiques et technologiques.

MassChallenge continue sur sa lancée et recrute actuellement sa deuxième promotion. Date limite de dépôt des candidatures : fin mars 2017.

Learning Expedition Israël Start-up Nation
Du 14 au 19 mai 2017, EducPros organise son deuxième voyage d’étude en Israël. L’objectif : mettre en relation les universités et les grandes écoles françaises avec l’écosystème d’innovation israélien.

Au programme : visites du Technion, de l’Institut Weizmann, de l’université hébraïque de Jérusalem, de l’incubateur MindCet, du Jerusalem Venture Partners, mais aussi des échanges avec des patrons de start-up innovantes et le French Tech Hub.

Programme complet de la #LexSN et inscriptions.

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