Un annuaire national pour valoriser le doctorat

Annoncée en novembre 2016, la création d’une adresse mail commune aux docteurs de France est en cours de déploiement. Elle sera adossée à un annuaire national, visant à les répertorier tous. Objectif : valoriser le diplôme, notamment auprès des entreprises.

Cérémonie doctorat Université Paris-Saclay

Le projet détaillé par le rapport Kalfon vise l’exhaustivité : à terme, tous les détenteurs d’un doctorat français figureront dans l’annuaire national. // © Marie-Béatrice Seillant / Université Paris-Saclay

Annoncée en novembre 2016, la création d’une adresse mail commune aux docteurs de France est en cours de déploiement. Elle sera adossée à un annuaire national, visant à les répertorier tous. Objectif : valoriser le diplôme, notamment auprès des entreprises.

Avant de quitter la Rue Descartes, Thierry Mandon solde les derniers dossiers. À l’occasion de la matinée dédiée aux innovations pédagogiques, jeudi 30 mars 2017, le secrétaire d’État à l’enseignement supérieur s’est vu remettre le rapport Kalfon, des mains mêmes de son auteur.

Jérôme Kalfon, directeur de l’Abes (Agence bibliographique de l’enseignement supérieur), avait pour mission, depuis juillet 2016, de réfléchir à la conception d’un annuaire des docteurs, permettant de « reconnaître et de renforcer l’identité collective des docteurs, de valoriser leurs compétences et travaux de recherche et de développer leur carrière professionnelle », selon la commande du ministère.

Près d’un an plus tard, le projet a avancé : l’annuaire est en cours de conception, pour un déploiement progressif à partir de la rentrée universitaire 2017, uniquement auprès des nouveaux docteurs dans un premier temps.

UN annuaire, pour « GARDER LE contact »

« Jusqu’à présent, la France ne disposait pas de ce type d’outil, regrette Thierry Mandon. Cet annuaire donnera une reconnaissance supplémentaire au doctorat. » Une action qui s’inscrit dans la suite logique de l’arrêté doctorat publié en juin 2016, « qui impose un suivi de carrière des détenteurs d’un doctorat français », a rappelé le secrétaire d’État.

« Il faut un outil permettant de garder le contact, résume Jérôme Kalfon, qui ne s’étonne pas de ce qu’il nomme un ‘French paradox’ : le doctorat a beau être le plus haut niveau de diplôme, en France, il souffre d’un déficit de notoriété, au profit des filières sélectives des grandes écoles.

« Une école est un lieu de partage, une école doctorale est et restera un bureau, note-t-il dans son rapport. Malgré quelques formations en commun et même en multipliant opportunités de rencontres et événements sociaux, l’expérience vécue par le docteur n’est pas de même nature et ne peut apporter la même force de cohésion. »

Objectif : l’exhaustivité

Très attendu par les entreprises, en plus d’un recensement précis des forces doctorales, cet annuaire donnera la possibilité aux recruteurs de vérifier rapidement le profil des candidats docteurs. L’inscription sur l’annuaire sera en effet liée au dépôt numérique de la thèse elle-même. Par la suite, le transfert sera automatique.

Reste à régler la question de l’utilisation de telles données, nominatives. « La chance de ce projet d’annuaire est qu’il existe des données nominatives qui, par construction, sont publiques et de libre parcours : ce sont les métadonnées de publication ou données bibliographiques », détaille le rapport, qui rappelle que l’intérêt du projet réside dans l’exhaustivité des informations recueillies.

Une adresse mail unique… à affiner

L’adhésion à l’annuaire donnera lieu à la création automatique d’une adresse mail, pour chaque docteur de France. De type [email protected], elle sera disponible à vie. En revanche, elle ne proposera qu’un service de redirection, pour ne pas s’engager dans un service de messagerie complet, « totalement redondant avec une offre pléthorique et gratuite », concède l’auteur du rapport.

Si Thierry Mandon avait communiqué dès le mois de novembre sur « phdfrance.fr », pour l’heure, rien ne semble arrêté. Quelques heures après l’annonce du ministre, un internaute avait acheté le nom de domaine pour, avait-t-il alors justifié sur les réseaux sociaux, éviter tout acte malveillant. Jérôme Kalfon assure que ce petit « cafouillage » a été réglé. Mais, pour le moment, l’adresse www.phdfrance.fr n’a toujours pas été récupérée par le ministère : elle renvoie toujours au tweet de Thierry Mandon annonçant la création cette fameuse adresse mail…

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