Berlin, capitale des écoles en ruine

La ville va investir 1,6 milliard d’euros d’ici à 2020 pour rénover des bâtiments scolaires en piètre état. Un problème qui touche toute l’Allemagne, faute de moyens financiers.

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Devant une école de Berlin, en juin 2016. En proportion de son PIB, l’Allemagne investit moins dans son système éducatif que les autres pays de l’OCDE.

A côté de son aéroport international, dont l’ouverture accuse maintenant un retard de bientôt six ans, Berlin est tristement célèbre en Allemagne pour l’état déplorable de ses écoles. Les exemples fleurissent chaque jour dans la presse locale : au lycée Andreas, construit au-dessus d’une source, l’eau s’est infiltrée faute de travaux, et la moisissure a envahi la cave. Dans le quartier de Reinickendorf, des enseignants ont renvoyé deux cents élèves chez eux pour protester contre l’état repoussant des toilettes qui leur sont réservées, quand ce ne sont pas les élèves eux-mêmes qui manifestent pour alerter sur leurs conditions d’apprentissage dans le sud de la ville.

Dans le quartier de Steglitz, la grande salle de réunion du lycée Fichtenberg est fermée depuis des mois car le toit menace de s’effondrer. Le crépi de la façade de l’école est par endroits totalement effrité, un ruban empêche l’accès aux abords du mur pour protéger les élèves des chutes de pierres. Les fenêtres sont si vieilles qu’en hiver, les élèves doivent porter des gants pour supporter le froid dans les salles de classe.

Un recul continu des investissements

La mairie de Berlin, qui a reconnu le problème et en a fait une priorité de son mandat, a évalué à 1,6 milliard d’euros le montant des investissements nécessaires dans les écoles au cours des trois années à venir. Malgré un consensus politique et des moyens disponibles, elle se heurte aux mairies d’arrondissements qui ne dépensent qu’à la marge l’argent mis à disposition.

A Berlin, les mairies d’arrondissement ne dépensent qu’à la marge l’argent mis à leur disposition.

Ces dernières mettent en cause de leur côté le manque de personnel et les entreprises de construction qui sont incapables de répondre à la demande. C’est le résultat de quinze années de politique de consolidation budgétaire sévère menée à Berlin, capitale fédérale qui a pourtant accumulé une dette de 60 milliards d’euros pour 3,5 millions d’habitants.

Mais…

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Devant une école de Berlin, en juin 2016. En proportion de son PIB, l’Allemagne investit moins dans son système éducatif que les autres pays de l’OCDE.

Berlin, capitale des écoles en ruine

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