Quand les étudiants de BTS ou d’IUT décrochent

Un établissement, un bac ou une entreprise mal choisis peuvent amener les étudiants à jeter l’éponge avant d’être diplômés.

Inférieur à celui constaté dans les licences de l’université, le taux d’abandon en BTS incite néanmoins les établissements à trouver des solutions.

Le taux d’abandon en première année de BTS se situerait autour de 22 %. C’est un peu moins qu’en première année de licence, où le changement d’orientation et la sortie de l’université dépassent les 30 %. Dans le cas des BTS, on peut difficilement estimer, comme on le fait parfois pour la licence, que les étudiants sont livrés à eux-mêmes. « Ils sont très suivis. Ce n’est pas forcément ce qu’ils veulent à cet âge mais c’est un motif de frustration chez certains, plus que d’abandon », estime Christian Lorimier, directeur délégué aux formations technologiques et professionnelles au lycée Jean-Henri-Fabre, à Carpentras (Vaucluse).

Dans son établissement, deux petites promotions de BTS industriels se côtoient. « Nous offrons une formation de proximité aux étudiants qui veulent rester dans la région », explique-t-il. Pour ceux qui veulent étudier ailleurs mais n’en ont pas les moyens, c’est un choix par défaut, qui peut les décourager.

Pour éviter les décrochages, les BTS de proximité s’adaptent à leur public. Ainsi, le lycée Aristide-Briand, à Gap (Hautes-Alpes), a remplacé son unique BTS assistant manageur par un BTS assistant de gestion PME-PMI, plus directement en lien avec les entreprises de la région. L’ancienne formation connaissait un faible taux de réussite. Or les mauvaises notes comptent parmi les motifs d’abandon pour les étudiants.

« J’ai gagné du temps »

Bon élève en bac professionnel technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques, Florian Letard a décidé de s’inscrire en BTS option génie climatique et fluidique en région parisienne. Mais dès la première année, les étudiants issus, comme lui, de filières professionnelles sont très en retard sur les matières générales, les mathématiques et le français en particulier. Son emploi du temps chargé ne lui permet pas de rattraper ce décalage et il décroche après avoir trouvé du travail. C’était il y a deux ans. Aujour­d’hui plombier et chef d’entreprise, Florian considère qu’il a « gagné du temps », même si la poursuite d’un BTS l’aurait « aidé sur la gestion ».

« Les abandons pour des motifs scolaires sont ceux sur lesquels on peut le plus agir », estime Christian Lorimier, qui constate le même type de difficultés dans son établissement. Pour les éviter, l’équipe pédagogique a mis en place un système de soutien, qui commence dès la terminale professionnelle.

Mais que faire lorsque l’abandon n’a pas de lien direct avec les études, quand une alternance ne convient pas ? Aujourd’hui en BTS assistante de manageur, ­Siham Aissaoui avait débuté par un BTS management des unités commerciales. « Sans expérience en vente, impossible de trouver une entreprise », regrette-t-elle.

Elle abandonne, se réoriente vers un BTS assistante de gestion. « Ce que je faisais en entreprise n’avait rien à voir avec ce que ­j’apprenais en cours », se rappelle l’étudiante : nouveau décrochage. Lors de ces deux premières expériences infructueuses, son centre de formation lui propose de rester en cours et de continuer à chercher une entreprise. « Mais dans l’école où je suis maintenant, si tu ne trouves pas, tu dégages. »

Face à l’abandon dans des formations courtes, établissements, politiques et élèves s’adaptent. Un décret de 2015 facilite les ­redoublements. La prochaine étude de fond sur le sujet paraîtra d’ici la fin du printemps.

  • Pauline Sauthier

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