Olivier Galland : « La jeunesse exprime une certaine défiance par rapport à la démocratie »

Le sociologue délivre son analyse sur les attitudes politiques des jeunes à l’entrée de la vie professionnelle.

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Olivier Galland est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Auteur des « Jeunes » (La Découverte, 2009), de « Sociologie de la jeunesse » (Armand Colin, 2011), et coauteur de « La Machine à trier. Comment la France divise sa jeunesse » (Eyrolles, 2013).

Les jeunes ont-ils des comportements qui leur sont propres lors d’une élection ?

Même s’ils ne votent pas beaucoup, les jeunes sont attachés au droit de vote. Ils en font habituellement un usage assez large lors de leur premier vote, après il a tendance à décliner. Leur vote est également intermittent.

Certains candidats les ont davantage mobilisés : Jacques Chirac en 1995, François Hollande en 2012. Sinon, de façon générale, les jeunes votent plus à gauche qu’à droite, même si cela n’est pas systématique.

Aujourd’hui, ce qui ressort, c’est que le plus grand nombre de jeunes se placent ni à gauche ni à droite ou refusent de se situer. Il y a un très grand discrédit des partis et des hommes politiques. Une partie des jeunes expriment une certaine défiance par rapport à la démocratie. Lors d’une enquête sur les valeurs menée en 2008, 23 % des 18-29 ans indiquaient être plutôt d’accord avec une proposition de gouvernement autoritaire. Une autre évolution récente est la montée des extrêmes. En 2012, 35 % des jeunes ont voté pour eux (17 % pour l’extrême gauche, 18 % pour l’extrême droite).

Quel rapport les jeunes entretiennent-ils avec la politique ? Comment concilient-ils leur individualisme, l’affaissement des valeurs collectives avec leur volonté d’engagement ?

Je préfère parler d’individualisation plutôt que d’individualisme. On est plus dans l’affirmation de l’autonomie de l’individu et de ses choix que dans la défense du seul intérêt personnel. Les contraintes ou les normes sont de moins en moins acceptées. De même la loi de la majorité à laquelle la minorité accepte de se plier est remise en cause. Ces tendances ne sont pas propres aux jeunes, mais davantage marquées.

Sont-ils engagés ? Très peu dans les partis politiques. Ils le sont davantage au sein des associations, syndicats ou ONG, mais tout juste dans la moyenne européenne. Et lorsqu’ils s’engagent, cela relève davantage…

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Olivier Galland est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Auteur des « Jeunes » (La Découverte, 2009), de « Sociologie de la jeunesse » (Armand Colin, 2011), et coauteur de « La Machine à trier. Comment la France divise sa jeunesse » (Eyrolles, 2013).

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