L’université au bord de la saturation

Analyse. L’hypothèse d’un enseignement supérieur qui ne pourra plus, demain, offrir une place à chaque bachelier n’a plus rien d’une élucubration fantaisiste.

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« La com­munauté universitaire évalue les besoins à un milliard d’euros de plus par an. M. Macron n’a promis qu’une “sanctuarisation des moyens”, qui correspond, le monde univer­sitaire le sait après le quinquennat Hollande, à une stagnation des budgets quand les charges continuent à augmenter ». (Photo: le président élu Emmanuel Macron lors des cérémonies du 8 mai 1945, à Paris).

Le droit d’accès à l’enseignement supérieur pour tout bachelier ­va-t-il perdurer ? La question paraît encore théorique, mais elle ne manquera pas de se poser dans un avenir proche. Peut-être même dès la prochaine rentrée. Le tirage au sort à l’entrée de l’université, gravé dans le marbre d’une circulaire publiée le 27 avril, n’est en effet que le symptôme d’un système au bord de la saturation.

A l’entrée de certaines filières universitaires surbookées, on tire au sort pour départager les trop nombreux candidats, lorsque le nombre de places ne suffit pas à répondre à la demande. Des centaines de bacheliers qui ont pourtant placé une licence universitaire en premier vœu restent sur le carreau : 3 500 à la dernière rentrée ont plébiscité en vain un ticket d’entrée en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), ou encore en psychologie et en sciences de l’éducation.

La filière sportive est la plus touchée, mais d’autres, déjà sous grande tension comme le droit, pourraient être concernées en 2017. Le phénomène ne peut que s’aggraver, avec l’arrivée des enfants du boom démographique des années 2000 aux portes de l’uni­versité. Le ministère de l’éducation nationale a promis que la prestigieuse médecine, toujours scrutée de près, ne poserait pas de problème, d’après les premiers chiffres issus de la plate-forme d’Admission postbac sur laquelle les lycéens et les étudiants en réorientation formulent leurs vœux. A voir.

Processus de l’aléa

Si cela ne concerne qu’un nombre très faible de bacheliers, par rapport aux 800 000 jeunes orientés chaque année dans l’enseignement supérieur, l’université est la seule filière de l’enseignement supérieur public où la sélection à l’entrée est interdite. Une mission d’ouverture qui s’effrite : les licences ont mis en place, les unes après les autres, des capacités d’accueil limitées afin de pouvoir fermer leurs portes quand la jauge est pleine. En master aussi, depuis la réforme votée…

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« La com­munauté universitaire évalue les besoins à un milliard d’euros de plus par an. M. Macron n’a promis qu’une “sanctuarisation des moyens”, qui correspond, le monde univer­sitaire le sait après le quinquennat Hollande, à une stagnation des budgets quand les charges continuent à augmenter ». (Photo: le président élu Emmanuel Macron lors des cérémonies du 8 mai 1945, à Paris).

L’université au bord de la saturation

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