Au fait, le bac c’est dans un mois…

École polytechnique – J.Barande (CC BY-SA 2.0)

Ce dimanche 14 mai avait une petite saveur particulière. D’abord, et évidemment, pour les raisons politiques que l’on connaît. Comme tant d’autres, j’ai transgressé mes habitudes en allumant ma télé à 9h. En lieu et place du Jour du Seigneur, j’ai pu assister à la fameuse passation de pouvoir.

La journée avançant, je me suis fait la réflexion que, n’en déplaise à Christine B, cette cérémonie n’était pas si différente de la messe dominicale. Il y avait là toute une horde de fidèles venue clamer sa ferveur et tenter d’apercevoir le nouveau saint des saints. Et puis tout semblait précis, millimétré, régi par un protocole quasi-clérical. Enfin, des dizaines de discours se sont enchaînés résonnant comme autant de prières et d’incantations… Pour citer Hegel, dimanche devant ma télé, « j’ai vu l’Esprit du Monde à cheval » (ou plutôt en DS7 crossback).

Mais je m’égare ! Non, il y avait autre chose dans l’atmosphère dominicale. Quelque chose d’à la fois lointain et familier. Le retour des beaux jours et de l’été ? Non, ça n’était pas ça… C’est en consultant ma boîte mail que j’ai eu le déclic. Dans mes spams, j’ai lu un mail envoyé par un obscur site de cours en ligne auquel je m’étais inscrit il y a 4 ans. Et j’ai soudain réalisé : dans un mois jour pour jour, c’est le début du bac !

D’un côté, il y a les lycéens prévoyants…

Ça me fait toujours un petit choc de réentendre parler du bac. D’abord, parce que ça me rappelle que le temps passe, inlassablement. J’étais concerné par toute cette effervescence il y a 4 ans, déjà… J’ai le sentiment que c’était hier… En outre, quel que soit le niveau où l’on se trouve, le bac vient mettre un point final à notre année scolaire. Il est le dernier maillon des traditions de fin d’année qui commencent par le Festival de Cannes et se poursuivent avec Roland Garros.

1 mois… 4 semaines… 31 jours… J’imagine parfaitement dans quel état d’esprit se trouvent les lycéens. Il y a celles et ceux qui, prévoyants, ont déjà bien entamé les révisions. Les fiches s’accumulent sur leur petit bureau d’écoliers, les annabacs jonchent le sol de leur chambre et avec eux les premières questions. « Mais en fait quand est-ce qu’on utilise le T.V.I (théorème des valeurs intermédiaires) ? », « en philo, est-ce qu’on est obligé de citer les auteurs ou bien est-ce que donner leurs grandes idées sera suffisant ? », « si je vais aux rattrapages, est-ce que je serai obligé d’acheter un costard pour faire bonne impression ? ». Ceux-là entament officiellement leur dernier mois de révisions.

Souvent, ils ont imprimé les articles de conseils pour réussir le bac, appliquent à la lettre les méthodes de gestion de stress et ont regardé toutes les vidéos conseils de Youtubeurs lifestyle. Ils ont adapté leur régime alimentaire pour favoriser leur mémoire, se sont mis à boire du thé (alors qu’ils détestent ça, mais il paraît que ça aide la mémorisation) et ont, pour certains, commencé des cures de vitamine.

…De l’autre côté, il y a les procrastinateurs

Et puis il y a les autres. L’écrasante majorité silencieuse. Ceux qui vont entamer leur tout premier mois de révision. Ceux-là fuient à tout prix leurs camarades qui sont déjà pris dans le tourbillon des fiches. Ils esquivent les discussions qui tournent autour de « la question 3 de la partie 2 de l’exercice IV de maths tombé à Pondichéry en 2008 », et soufflent bruyamment quand leurs profs les incitent fortement à « se mettre au boulot ».

Je tiens à m’adresser à ces vaillants soldats de la procrastination – dont je faisais partie en 2013 : il est temps d’entamer vos révisions, camarades… 🙁

A vrai dire, ces adeptes de la dernière minute n’ont pas été aidés par les médias. D’habitude, dès la fin du mois d’avril les JT nous servent les sujets marronniers sur le bac. Entre les camps de vacances pour réviser « dans un cadre serein et convivial  », le comparatif des méthodes les plus efficaces et les conseils d’obscurs pédopsychiatres pour bien dormir avant les épreuves, la période devrait être celle du matraquage pour la team dernière minute. Oui mais voilà. La grande histoire a rattrapé la petite. Élection présidentielle oblige, les médias avaient d’autres chats à fouetter. Mais je compte sur eux pour se rattraper dans les prochains jours (preuve en est ce billet de blog…).

Dans cette dernière ligne droite ne fichez pas tout en l’air !

Alors comment aborder ce dernier mois de révision ? Comment se préparer au bac si lointain et si proche à la fois ? Eh bien le secret c’est de voir ce mois comme un marathon où il va falloir s’accrocher. Normalement le gros du travail s’est effectué tout au long de l’année. Les contrôles et autres bacs blancs ont permis aux élèves de sédimenter les cours dans leur esprit, d’être au point niveau connaissances. Ce dernier mois doit, donc, être consacré à se remettre en mémoire tous les cours, relire les définitions de maths, vérifier que l’on connaît bien les démonstrations des ROC (restitutions organisées de connaissance).

Attention, toutefois, à ne pas tomber dans le travers du fichage intempestif. Recopier tous ses cours sur des fiches bristols, c’est se donner l’impression de travailler en mettant, en réalité, son cerveau en pause. Ficher peut être une bonne méthode, à condition d’être actif et d’apprendre en parallèle.

Beaucoup d’élèves deviennent de véritables secrétaires au moment des révisions. Les cours sont empilés les uns sur les autres et ils sont perçus comme une entité abstraite qu’il faut retranscrire sur fiches bristol avec de jolies couleurs (rouge pour les titres, vert pour les définitions et bleu pour le contenu). Si ce travail n’est pas accompagné d’un véritable engagement intellectuel avec le cours, il ne sert à rien…

Le secret du bac ? Le manque d’originalité des concepteurs de sujets

Pour finir, il va falloir s’exercer encore et encore sur les annales. Je vais vous dévoiler le GRAND secret du baccalauréat : les concepteurs de sujets n’ont AUCUNE originalité ! Dans les matières scientifiques on retrouve TOUJOURS les mêmes questions formulées, parfois, un peu différemment. Du coup, en s’entraînant sur les sujets tombés les années précédentes, on a de bonnes chances d’aborder les épreuves le jour J avec une impression de déjà vu !

Je m’adresse, désormais, à mes amis terminales. Le mois qui s’annonce vous paraîtra, sans doute, éprouvant, dur, compliqué. Ce sera celui des doutes, des remises en question et des angoisses. C’est tout à fait légitime. Mais sachez qu’au bout de ce long chemin une récompense vous attend : le diplôme du bac. Alors arrêtez de remettre vos révisions à demain, lancez-vous, faites des annales, trompez-vous, apprenez de vos erreurs pour être performants le jour J. Et qui sait, dans 20 ans, peut-être, vous serez celui ou celle qui sera accueilli sur le perron de l’Élysée par un beau dimanche de mai…

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