« Génération CPE » : de l’UNEF au pouvoir

Du NPA à En marche !, en passant par la mairie de Paris et le PS, beaucoup d’ex-responsables du syndicat étudiant ont participé à la campagne 2017.

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78e Congrès de l’UNEF en 2003 à Lyon. De gauche à droite, la secrétaire générale Tania Assouline, le président Yassir Fichtali et le président de l’Association générale étudiante de Lyon, Bruno Julliard.

C’est une photo qui n’existe pas. Mais l’image est dans la mémoire de tous les anciens « camarades » qui ont milité à l’UNEF au début des années 2000 jusqu’au mouvement contre le Contrat nouvelle embauche (CPE) en 2006. Se succédant à la tribune de l’amphithéâtre bondé de la rue Cuvier à Paris, de jeunes pousses militantes prennent la parole dans l’atmosphère moite du collectif national, le parlement du syndicat étudiant, qui se réunit tous les trimestres environ. Chacun représente une tendance de l’organisation de jeunesse.

Mathieu Hanotin, Bruno Julliard, Caroline De Haas et Nadjet Boubekeur pour la majorité nationale, proche d’Henri Emmanuelli. Sibeth Ndiaye pour la « tendance refondation syndicale », la minorité strauss-kahnienne. Fanélie Carrey-Conte représente, elle, la « tendance transformation sociale » des anciens rocardiens proches de Benoît Hamon, quand Antoine Pelletier et Julien Salingue donnent de la voix pour les trotskistes de la « tendance tous ensemble »… Dans la salle, les militants – dont l’auteur de ces lignes – assistent avec gourmandise aux joutes sur l’allocation d’autonomie, la lutte contre l’extrême droite, l’opportunité de lancer un « mouv’» à la rentrée ou encore la Palestine.

Plus de dix ans après, tous ces cadres ont joué un rôle clé dans la campagne présidentielle de 2017, aussi bien au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) qu’au Parti socialiste (PS) ou à En marche !. Mathieu Hanotin, député (PS) de Seine-Saint-Denis, codirigeait la campagne de Benoît Hamon dont Nadjet Boubekeur était responsable presse. Fanélie Carrey-Conte, députée socialiste de Paris, soutenait également le candidat issu de la gauche du PS, comme nombre d’anciens de l’UNEF. Antoine Pelletier et Julien Salingue comptaient parmi les rouages essentiels de la campagne de Philippe Poutou. Lors du débat télévisé du 4 avril, on a d’ailleurs vu l’ouvrier de chez Ford prendre conseil auprès de M. Salingue.

« Le syndicalisme étudiant est la…

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78e Congrès de l’UNEF en 2003 à Lyon. De gauche à droite, la secrétaire générale Tania Assouline, le président Yassir Fichtali et le président de l’Association générale étudiante de Lyon, Bruno Julliard.

« Génération CPE » : de l’UNEF au pouvoir

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