Repensons notre éducation, c’est une urgence démocratique et républicaine !

Pour une éducation réellement émancipatrice sans l’exploser en une multitude de « communautés scolaires autonomes » aux valeurs hétérogènes et aux pratiques claniques, estime un collectif de professeurs en sciences de l’éducation

édition abonné

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, participe au Conseil des ministres au Palais de l'Elysée à Paris, jeudi 18 mai 2017

L’élection du président de la République ne peut masquer ni les avancées électorales de l’extrême droite ni le désarroi d’une jeunesse qui aspire à un autre monde et ne trouve guère d’autre idéal que la consommation frénétique, le repli identitaire ou la fuite dans la transgression.

Un politique de la jeunesse s’impose et, particulièrement, envers ceux et celles qui n’espèrent plus faire partie des « gagnants » : bringuebalés entre des organismes qui avouent plus ou moins leur impuissance, ils ont besoin que notre société se mobilise pour leur permettre de trouver une place et des raisons d’espérer.

Mais il faut aussi une politique éducative hardie. Une revalorisation symbolique et matérielle du métier d’enseignant est indispensable. Une gestion de la « machine-école » plus attentive aux initiatives de ses acteurs est nécessaire. Un effort sans précédent en faveur des établissements les plus défavorisés est urgent : il faut, enfin, donner plus et mieux à ceux qui ont moins en proportionnant systématiquement leur dotation – salaires inclus, bien sûr – au niveau social des élèves qu’ils scolarisent. Et cela doit s’accompagner d’un véritable renouveau pédagogique qui mobilise les élèves sur les œuvres de culture et fasse de l’exigence de précision, de justesse et de vérité le principe de toute activité scolaire… contrairement au laxisme qui règne aujourd’hui et se contente paresseusement de payer un mauvais travail d’une mauvaise note en attendant le verdict et l’orientation ou le couperet de l’exclusion.

C’est seulement ainsi que pourront être combattus les mensonges des « fake news », les approximations de la « post-vérité », l’ignorance et l’aveuglement. C’est par une éducation de l’attention, une formation à la recherche, une implication dans des créations artistiques et scientifiques, une découverte des vertus de l’entraide et de la coopération que nous mettrons en place une éducation authentiquement porteuse des valeurs de…

L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, participe au Conseil des ministres au Palais de l'Elysée à Paris, jeudi 18 mai 2017

Repensons notre éducation, c’est une urgence démocratique et républicaine !

Il vous reste 59% de l’article à lire

Achetez cet article 2 € Abonnez-vous à partir de 1 € Découvrez l’édition abonnés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *