Bac ES 2017 : éviter les confusions en économie

Dans la dernière ligne droite des révisions, les connaissances remontent parfois à la surface de manière tumultueuse. Voici répertoriées, 5 grosses confusions à proscrire en économie dans des copies de SES (sciences économiques et sociales)

Déflation et désinflation: une erreur à éviter à tout prix

On sait que la BCE veille à ce que l’inflation ne dépasse pas 2%. On estime en général que l’inflation est dangereuse, car elle dégrade la compétitivité du pays, et elle peut dégénérer en spirale inflationniste. Il est tentant de penser que le mieux est alors, une baisse des prix, soit la déflation. En fait, celle-ci est redoutée, car elle est plus qu’une baisse des prix, c’est une contraction généralisée de l’économie qui entraîne une hausse du chômage, et dans le pire des cas comme en 1929, elle peut déboucher sur une grave dépression. En cas d’inflation, on recherche la désinflation, c’est-à-dire le ralentissement de la hausse des prix. Si le taux d’inflation est de 5%, la mission est accomplie, s’il devient inférieur à 2%.

Revers pour Smtih, avantage Ricardo.

Ces deux défenseurs de l’économie de marché, étaient logiquement des défenseurs du libre-échange, contre les réflexes protectionnistes. Ils cherchaient à convaincre qu’il fallait ouvrir les frontières, étendre les marchés, et donc accepter la spécialisation des économies (la DIT, division internationale du travail). Smith dit que si deux pays A et B produisent deux produits (du blé et du drap), il faut que chacun se spécialise sur son point fort, là où il a un avantage absolu. Ainsi,  A par exemple fera du drap et B du blé, et il y aura croissance des richesses produites. Sauf que si A est moins performant dans les deux produits, il ne va pas se saborder, il va plutôt renoncer à la spécialisation de son économie. Ainsi, le raisonnement de Smith a une faille embarrassante pour les défenseurs du libre-échange; parfois le protectionnisme est meilleur. Ricardo prend le relais, et dit en  schématisant, qu’il faut se spécialiser là, où on a un avantage comparativement plus grand (avantage comparatif ou relatif), et le moins efficace des deux, se spécialise dans le produit, où il est moins en retard (on peut consulter ce billet avec l’exemple de l’avocat et de la secrétaire). Avec Ricardo, tous les pays gagneront à accepter le libre-échange, chacun trouvera à se spécialiser.

L’insoutenable substituabilité

Sur la question d’un développement durable ou soutenable (sustainable development), deux grandes positions apparaissent. Il y a ceux optimistes, qui disent qu’avec quelques efforts, et grâce au génie humain, on peut assez aisément concilier croissance et préservation de l’environnement: c’est la thèse de la soutenabilité faible. Pour produire, il faut différents capitaux, dont le capital naturel (les ressources naturelles, l’environnement) et aussi du capital humain et technique. Si on malmène trop le capital naturel, pas de panique, cela finira quand même par s’arranger, on saura moins l’utiliser, voire le reconstituer grâce aux inventions et aux moyens techniques. Les capitaux seraient substituables. Position dénoncée par les tenants d’une soutenabilité forte qui avancent que le capital naturel détruit n’est pas compensable ici les capitaux ne sont pas substituables mais complémentaires). Il faudrait donc transformer en profondeur nos modes de production et consommation pour préserver la planète.

Le salaire déficient

Pour comprendre le chômage, on peut s’appuyer sur le modèle théorique du marché du travail (voir ici). Selon les néoclassiques, si les prix (dont le salaire) sont flexibles, il ne devrait pas y avoir de chômage involontaire. Vision trop simplifiée de l’économie, et donc de nombreux travaux cherchent à apporter un éclairage sur le chômage, en cherchant à comprendre pourquoi le salaire est plus élevé que le salaire dit d’équilibre, censé résorber le chômage. Le modèle insiders  / outsiders distingue deux types de salariés. Les insiders qui ont un emploi et sont défendus par des représentants, et des outsiders (ou chômeurs qui voudraient entrer sur le marché du travail). Les premiers auraient un pouvoir de nuisance (grèves, frein à la productivité, refus d’intégrer les nouveaux) ce qui conduirait les employeurs à acheter la paix sociale, en versant des salaires plus élevés qu’ils ne pourraient payer. L’inconvénient, c’est que du coup, ils essaient de limiter leur masse salariale en embauchant moins. Le chômage s’expliquerait par un manque de solidarité des travailleurs.

Version moins culpabilisante avec le salaire d’efficience. Ici, on nous dit que c’est volontairement que les employeurs fixent un salaire plus élevé que le marché ne l’impose. Ainsi ils attirent de meilleurs candidats (ils ne savent pas ce que vaut vraiment le postulant cf asymétrie d’information).D’autre part, cela motive ceux qui sont en place, ils veulent qu’un bon emploi comme celui qu’ils occupent soit préservé, il ne faut pas jouer les tire-au-flanc, et maintenir une productivité élevée. Ainsi, cette théorie renverse la vision habituelle. On pense souvent que c’est parce qu’il y a eu gain de productivité (donc des profits) qu’on peut augmenter les salaires. La théorie du salaire d’efficience suggère qu’on augmente les salaires pour qu’il y ait productivité.

L’offre idéalisée, la demande anticipée, la copie améliorée

Il faut se souvenir que l’offre représente la production de biens et services. Elle est essentielle dans l’analyse libérale. Si l’économie tourne au ralenti, c’est parce que l’offre est corsetée, brimée par les réglementations et la fiscalité. Si on libère l’offre (moins de charges fiscales et sociales, moins de réglementations administratives), les entrepreneurs seraient libérés de ce carcan, et entreprendraient, créeraient des richesses; la croissance serait forte et le chômage faible. La réalité est plus complexe. Depuis la crise de 1929, avec Keynes, des économistes estiment que ce qui est déterminant, ce n’est pas l’offre, mais la demande. On produit que si les carnets de comnandes sont pleins. Ce qui importe, c’est la demande (consommation + investissement), mais la demande anticipée (ou demande effective). Si dans 6 mois, je pense qu’il y aura de la demande, je me prépare à produire plus (commandes de matières premières, investissements, et même embauche, peu freinée par le salaire). On voit que la vision keynésienne marque une double rupture. La demande est primordiale, et l’Etat joue un rôle essentiel. Il doit amener les entrepreneurs à faire des anticipations optimistes. Il va faire une politique de relance de l’économie, en augmentant les dépenses publiques (par exemple en finançant des grands travaux).

PS: on suggère aux candidats de vérifier qu’ils sont au clair aussi sur les points suivants: croissance endogène et exogène / DIT, DIPP/ Taxation et marché droits à polluer.

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