APB a-t-il tué le bac ?

Le système Admission post bac organise l’entrée des élèves de terminale à l’université sur la base du contrôle continu. Dès lors, à quoi sert l’examen du baccalauréat ?

édition abonné

Session du bac en 2016.

Plus de 80 % des élèves de terminale devraient recevoir, ce jeudi 8 juin, une proposition d’orientation pour leurs études supérieures avant les épreuves du bac 2017, si le chiffre observé en 2016 se confirme. Avec APB (Admission post bac), les vœux de tous les élèves de terminale sont en effet triés et hiérarchisés par un algorithme. Ceux qui ont fait le choix d’une filière sélective (classes préparatoires aux grandes écoles, école d’ingénieurs, DUT, etc.) – soit 55 % des jeunes – sont évalués sur la base de leurs bulletins de première, des épreuves anticipées du bac et des deux premiers trimestres de terminale. Et donc, pas sur les résultats au bac, mais sur le contrôle continu.

Système clos fin avril

Si la sélection dans les filières d’études supérieures se joue avant le bac, à quoi sert, dès lors, cet examen, pourtant conçu comme le premier diplôme de l’enseignement supérieur ? Le système centralisé d’APB, dont les moulinettes commencent à tourner bien avant le mois de juin, a-t-il ramené le bac au rang de simple chambre d’enregistrement de la fin du lycée ?

Aujourd’hui, plus que le bac, « les élèves soignent avant tout leur dossier APB ».

De fait, plus que le bac, « les élèves d’aujourd’hui soignent avant tout leur dossier APB », constate Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, le syndicat des chefs d’établissement dans l’éducation nationale. « Le système est clos début avril et, à partir de ce moment, les élèves changent de comportement. » Un certain relâchement se fait sentir. Pour lui, « le baccalauréat n’a plus d’utilité dans le système actuel, il devient simplement le diplôme de fin d’études secondaires ». La critique, qui s’allie à celle du coût du bac, est largement répandue – la bibliographie sur le sujet est vaste. Dans un rapport, le think tank Terra Nova évoque un « passage obligé inefficace et inutile ».

Mais le baccalauréat n’a pas complètement perdu sa valeur…

L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous

Session du bac en 2016.

APB a-t-il tué le bac ?

Il vous reste 74% de l’article à lire

Achetez cet article 2 € Abonnez-vous à partir de 1 € Découvrez l’édition abonnés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *