Autoriser le redoublement : un retour en arrière

La proposition du ministre de l’éducation va à l’encontre d’une tendance générale d’abandon d’une solution jugée inefficace.

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Dans un établissement scolaire d’Asnières-sur-Seine, le 13 janvier.

Depuis que Jean-Michel Blanquer est aux commandes du ministère de l’éducation nationale, c’est, chaque semaine, la nouvelle annonce d’un retour en arrière. Voilà, du moins, comment la communauté éducative perçoit ses déclarations successives. Après les rythmes scolaires, le collège, l’accompagnement éducatif, le ministre souhaite rétablir la pratique du redoublement.

« Il n’est pas normal d’interdire le redoublement, a-t-il déclaré, jeudi 8 juin, au journal Le Parisien. Il y a quelque chose d’absurde à laisser passer de classe en classe des élèves accumulant les retards. » M. Blanquer entend « autoriser à nouveau » le redoublement dès l’année scolaire 2017-2018. Mais « dans des cas qui doivent rester rares », a-t-il précisé.

L’annonce sonne comme un signal politique. A trois jours du premier tour des élections législatives, le ministre laisse entendre que la gauche avait, d’un coup et de manière idéologique, supprimé le redoublement – pratique à laquelle l’opinion publique reste attachée. Il revendique une « inflexion importante » par rapport à la ligne de sa prédécesseure, Najat Vallaud-Belkacem, qui avait, sans l’interdire, réduit fortement le recours au redoublement.

Un décret paru en novembre 2014 l’avait rendu « exceptionnel », limité à deux situations : soit en cas de « rupture des apprentissages » (une période de maladie par exemple), soit en fin de 3e et de 2de, si un élève n’a pas obtenu l’orientation souhaitée et à la demande de ses parents. Dans les autres cas, le passage d’office dans la classe supérieure est aujourd’hui la règle.

« Toujours un effet négatif sur les trajectoires »

Ce décret s’inscrit dans un mouvement de recul sur le long terme – même si la France reste dans le peloton de tête des pays qui font le plus redoubler. En classe de 3e, seuls 3 % des élèves ont redoublé en 2015 ; ils étaient 6 % dix ans plus tôt….

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Dans un établissement scolaire d’Asnières-sur-Seine, le 13 janvier.

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