« Dire que le bac S, c’est l’élite, ce n’est pas un peu vieille France ? »

En lycée général comme en professionnel, les élèves intègrent la hiérarchie entre les filières, tout en tentant de déjouer les clichés.

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Lola Chaumillon, en classe de terminale L au lycée Jean-Dautet de La Rochelle, le 30 mai.

A La Rochelle, comme ailleurs, les préjugés sur les séries du bac ont la vie dure. Les scientifiques ? On les dit « super bosseurs », « fils à papa », « l’élite ». Les littéraires ? « Bobos », « rêveurs ». La série économique et sociale (ES) ? Un peu « fourre-tout ». Au lycée général et technologique Jean-Dautet, installé dans un bâtiment historique du centre-ville, les élèves passent et, au fil des ans, les filières gardent les mêmes étiquettes. Celles-ci continuent à influer sur les choix d’orientation et à figer la hiérarchie des bacs.

Pourtant, à quelques jours des épreuves du bac 2017, du 15 au 22 juin, les élèves de terminale ont à cœur de déjouer ces clichés, en y opposant leur expérience vécue. Emile Sedilleau, 18 ans, passe le bac littéraire. Pour lui, la L, c’est « la filière de la réflexion philosophique, de lectures intenses, de rédactions, auxquelles s’ajoutent des langues, de l’histoire… » Dans sa série, tous les élèves n’ont pas le profil littéraire comme lui : « Beaucoup y vont sans affinités particulières pour les lettres, mais parce qu’on leur a dit qu’en L, c’était cool. »

Jade Spiteri, 17 ans, a choisi la série ES parce qu’elle est, à ses yeux, celle qui permet d’acquérir le plus de culture générale. « Les séries S et L sont plus fermées, estime-t-elle. On a souvent du bac S l’image du meilleur bac, mais ça reste une série assez spécialisée. Je connais des gens qui y sont allés alors qu’ils n’étaient pas super bosseurs, qui n’avaient pas le profil scientifique, mais parce qu’ils en avaient l’image de la voie royale. Résultat : ils galèrent un peu. »

Quant à la série technologique STMG (management et gestion), qui occupe un bâtiment à part, elle est injustement dévalorisée, aux yeux de Benjamin Dalencé, 18 ans : « Les gens pensent qu’on va en STMG par défaut, limite qu’on est bons à rien, déplore-t-il….

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Lola Chaumillon, en classe de terminale L au lycée Jean-Dautet de La Rochelle, le 30 mai.

« Dire que le bac S, c’est l’élite, ce n’est pas un peu vieille France ? »

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