Sujets du bac 2017 : une lente élaboration

Pour chaque session du baccalauréat, près de 2 900 sujets d’épreuves sont élaborés pour les différentes disciplines. Leur histoire commence près d’un an en avance.

Epreuve du baccalauréat

De leur élaboration jusqu’à leur distribution aux candidats le jour J, les sujets du bac 2017, sur lequels composent les 720 000 candidats au bac et les 500 élèves de première à compter de jeudi 15 juin, ont parcouru un long, très long chemin. Quand sont-ils imaginés ? Par qui ? Quelles sont les différentes étapes ? Le Monde Campus vous dit tout sur un processus bien rodé, et dont les règles strictes visent à garantir la confidentialité des sujets jusqu’au jour J.

J – 12 mois : répartition des disciplines par académie

Fin mai, début juin, à l’heure où les élèves attaquent leurs dernières semaines de cours et se lancent dans le marathon des révisions du baccalauréat, le ministère de l’éducation nationale décide quelles sont les académies qui auront la charge d’élaborer les sujets de l’année suivante dans telle ou telle discipline. Cette répartition, qui change d’année en année, est confidentielle. Les recteurs de chaque académie ont jusqu’à la rentrée de septembre pour former alors des commissions – une pour chaque matière que l’académie est chargée de traiter-, elles aussi confidentielles.

Une commission est composée d’une dizaine de professeurs maximum, choisis par le recteur sur proposition des inspecteurs pédagogiques de chaque discipline. Ce sont en effet eux qui peuvent « repérer », au cours d’inspections sur le terrain, certains enseignants dont ils ont apprécié le travail et qu’ils aimeraient voir élaborer des sujets. Les textes officiels précisent que ces enseignants sont choisis « dans des établissements représentatifs, par leur diversité, de l’ensemble du tissu scolaire de l’académie ».

J – 10 mois : conception des sujets

C’est en fait surtout à partir de septembre que chaque commission se lance à proprement parler dans l’écriture des sujets. Les enseignants qui la composent peuvent avoir jusqu’à 6 à 8 sujets à élaborer. Car il en faut beaucoup, des sujets : en tout ce sont près de 2 900 qui sont élaborés pour les différentes disciplines, destinations (France et étranger) ou sessions de ce premier examen de l’enseignement supérieur. Rien que pour l’épreuve de philosophie de la première session, qui ouvre chaque année les hostilités aux alentours du 15 juin, 80 sujets sont prévus pour les différentes filières.

Les enseignants investis dans la création de ces sujets, pour une durée de trois ans maximum, doivent signer au préalable une « charte de déontologie ». Ils s’engagent à proposer des sujets « inédits », « adaptés aux programmes officiels » et à ne pas divulguer un sujet qu’ils ont élaboré, ni avant ni après la session d’examen, ceci « pendant une période de cinq ans », afin que ceux élaborée une année puissent être utilisés les années suivantes. Des conseils leur sont aussi donnés afin d’assurer la confidentialité de leurs travaux.

J – 6 mois : test des sujets

Au mois de décembre arrive le moment de tester les sujets élaborés. Après avoir renvoyé leurs propositions de sujets au rectorat, les professeurs ignorent totalement leur devenir – acceptés ou non, lieu d’affectation, etc. Des « professeurs d’essai » prennent le relais. Chaque sujet est confié à deux enseignants extérieurs à la commission quand il s’agit du bac général, à un seul pour le bac professionnel.

Ces « cobayes », qui doivent aussi signer une « déclaration sur l’honneur », doivent traiter ces sujets chacun de leur côté; et dans un délai raccourci- « d’une durée inférieure ou égale aux trois quarts de celle prévue pour l’épreuve » précisent les textes. Ils doivent prêter attention à « éliminer les erreurs éventuelles à l’intérieur du sujet » mais aussi à repérer les difficultés particulières qu’il peut présenter.

J- 3 mois : validation et diffusion nationale

Chacun des ressentis des « professeurs d’essai » est consigné dans un rapport remis au recteur et validé par les présidents de chaque commission et inspecteurs concernés. En mars le recteur choisi définitivement les sujets de la prochaine session du bac en fonction de ce rapport.

Pour chaque matière de chaque série, ce sont en fait quatre sujets qui sont retenus : le principal et celui de secours, pour la session de juin et celle de rattrapage de septembre. Concrètement sur une fiche récapitulative, le recteur indique si le sujet est refusé ou accepté, d’une part, et, si oui, qu’elle sera l’affectation retenue (métropole ou DOM-TOM).

Les sujets sont alors envoyés de manière ultra-sécurisée aux académies concernées.

Cet article est une version actualisée d’un texte publié à l’occasion du baccalauréat 2016.

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