La Fête de la musique « demeure insatisfaisante pour la filière tout entière »

Dans une tribune au « Monde », le collectif Tous pour la musique regrette que la Fête de la musique ne soit qu’un « élan éphémère ». Il exige que la musique, ambassadrice d’un art de vivre et fruit d’un labeur, occupe la place qu’elle mérite dans l’éducation des jeunes.

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« L’absence d’une vraie ambition pour l’éducation musicale est un symbole fort d’un art dont l’esprit de fête éclipse les réalités profondes. » (Photo : musique celtique dans les jardins du Palais Royal, à Paris, Fête de la musique 2015).

TRIBUNE. Chaque année, le 21 juin, la musique réussit un tour de force dont aucun parti politique ne pourrait rêver : les rues sont encombrées de partisans en liesse, unis malgré la grande variété de leurs pratiques, de leur âge ou de leur origine, dans un grand moment de fraternité spontanée.

Alors que la France a refermé, au soir du dimanche 18 juin, des mois de batailles électorales qui ont ravivé ses cicatrices profondes, la Fête de la musique offre l’espace d’une nuit l’occasion pour toute la population d’oublier quelques instants ses différences et ses divergences.

Cependant, cet élan est éphémère. La Fête de la musique offre certes un espace à la musique, mais elle l’enferme en même temps dans un lieu et dans un temps. La musique ne risque-t-elle pas de devenir un art qui ne se partage qu’une nuit par an ? Dès le 22 juin, le projecteur s’éteindra, laissant de côté les milliers d’initiatives qui émergent à travers tout le territoire et qui, pour faire parler d’elles, devront attendre l’année prochaine.

Un travail qui mérite un salaire

Pour nous, auteurs, compositeurs, artistes, interprètes, éditeurs, producteurs, managers, entrepreneurs de spectacles ou éditeurs de services de musique en ligne, limiter la musique à la fête, c’est oublier que celle-ci a non seulement une valeur, mais qu’elle est aussi le fruit d’un labeur.

Doit-on imaginer que le jour où la musique sera comprise de tous, il faudra en finir avec la fête de la musique ?

La musique a une valeur qui nous est enviée dans le monde. Elle incarne en cela l’esprit de conquête français : les artistes français qui se produisent à l’étranger sont autant d’ambassadeurs d’un style de vie et d’un art de vivre que peuvent l’être la gastronomie ou le cinéma. Les succès internationaux des Christine & The Queens, Maître Gim’s ou DJ Snake devraient être ainsi scrutés avec la même attention que le sont les étoiles du guide Michelin…

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« L’absence d’une vraie ambition pour l’éducation musicale est un symbole fort d’un art dont l’esprit de fête éclipse les réalités profondes. » (Photo : musique celtique dans les jardins du Palais Royal, à Paris, Fête de la musique 2015).

La Fête de la musique « demeure insatisfaisante pour la filière tout entière »

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