Opposition : 5 situations à la loupe

Il vous dit « non » ou « pas » ! Il se sauve en courant, hurle et tape. Lui qui était si mignon. C’est qu’entre 16 mois et 3 ans et demi, votre petit diable traverse la fameuse phase d’opposition. Petites scènes de la vie quotidienne revisitées par le Pr Daniel Marcelli, psychiatre.Ce qui se passe Comment réagir Ce qui se passe Comment réagir 

Opposition : 5 situations à la loupe

Il vous dit « non » ou « pas » ! Il se sauve en courant, hurle et tape. Lui qui était si mignon. C’est qu’entre 16 mois et 3 ans et demi, votre petit diable traverse la fameuse phase d’opposition. Petites scènes de la vie quotidienne revisitées par le Pr Daniel Marcelli, psychiatre.

1. « Il n’y a pas si longtemps, quand je disais “non” à Mathias, il stoppait net. Maintenant, il me teste. Si je le lâche le temps de déplier la poussette, il se précipite en rigolant vers la route. » (Sarah, maman de Mathias, 16 mois)

Ce qui se passe 

  • Ce jeu relationnel est caractéristique de la phase d’opposition. Avant, lorsque vous disiez « Non » à votre bébé, il sursautait et s’arrêtait, assis sagement auprès de vous. A 16 mois, il acquiert une autonomie motrice et entend l’utiliser. Sans compter qu’en se sauvant, il mobilise aussi votre attention. Il se dit : « Non, maman, je ne ferai plus tout ce que tu veux et en m’opposant, je t’accapare. »

Comment réagir 

  • Dans un premier temps, énoncez clairement l’interdit, le code de conduite : « Je veux que tu restes près de moi quand j’ouvre la poussette. » Ensuite, mais seulement dans un deuxième temps, donnez l’explication : « La route est dangereuse. » Pour que le message soit clair, respectez bien cet ordre.

2. « Dès que nous devons quitter le square, c’est un cauchemar. Raphaëlle n’obéit pas. Elle se sauve dans la direction opposée et me donne des coups de pied quand je la rattrape. » (Janny, maman de Raphaëlle, 20 mois)

Ce qui se passe 

  • Un grand classique ! Vous prévenez votre enfant qu’il va falloir y aller. Il fait mine de rien. Puis, voyant qu’il ne peut plus différer le départ, il s’enfuit et se débat quand vous l’attrapez. Les coups de pied sont l’expression motrice de l’opposition. Jusqu’à 3 ans, il en a encore le droit. Mais à 4-5 ans, il devra être capable de les contrôler. 

Comment réagir 

  • Contenez votre enfant sans lui faire mal. Quand un tout-petit est contenu dans sa motricité, il se calme. Verbalisez tout de suite le code de conduite : « Je t’interdis de me donner des coups de pied, ça ne se fait pas. » Reconnaître son émotion l’aide à mieux la gérer. Quelques mots suffisent : « Je comprends que cela t’ennuie, tu t’amusais bien. » Enfin vient l’explication : « Il fait froid, tu dois prendre un bain. »

Opposition : 5 situations à la loupe

Il vous dit « non » ou « pas » ! Il se sauve en courant, hurle et tape. Lui qui était si mignon. C’est qu’entre 16 mois et 3 ans et demi, votre petit diable traverse la fameuse phase d’opposition. Petites scènes de la vie quotidienne revisitées par le Pr Daniel Marcelli, psychiatre.

3. « Alice ne veut jamais mettre son manteau. A chaque fois, elle hurle. Je finis par le lui enfiler de force. Dans la rue, tout le monde nous regarde. » (Agathe, maman d’Alice, 2 ans) 

Ce qui se passe 

  • Ici, l’opposition n’est pas liée à la frustration comme pour la  petite Raphaëlle ci-dessus. Dans le cas d’Alice, elle est révélatrice d’une petite tension dans la relation. Au moment du départ, n’êtes-vous pas un peu pressée, irritée ? Votre enfant exprime son désarroi. Il n’aime pas cette maman-là, plus brusque que d’habitude. Chaque enfant, comme chaque mère, chaque père, a ses zones de vulnérabilité et l’opposition se cristallise autour. Cela peut être comme pour Alice autour d’une histoire de manteau, mais c’est souvent à l’heure du coucher, des repas ou autour de la propreté.

Comment réagir 

  • Essayez de diminuer votre impatience et baissez le ton de votre voix. Parlez en affichant une certaine sérénité : « Je sais que je te bouscule, je suis désolée, mais je dois aller au travail et te mettre ton manteau. ça ne changera rien si tu cries. » Si le temps le permet, il n’est peut-être pas nécessaire de lui mettre son manteau. Vous lui montrerez ainsi que vous savez vous adapter au climat… Il ne faut pas que l’opposition devienne un enjeu.

Opposition : 5 situations à la loupe

Il vous dit « non » ou « pas » ! Il se sauve en courant, hurle et tape. Lui qui était si mignon. C’est qu’entre 16 mois et 3 ans et demi, votre petit diable traverse la fameuse phase d’opposition. Petites scènes de la vie quotidienne revisitées par le Pr Daniel Marcelli, psychiatre.

4. « Avec César, rien ne se fait du premier coup. Se brosser les dents, mettre son pyjama, se coucher surtout, c’est non, non, non ! Je suis obligée de tout négocier. ça me fait un peu peur pour l’avenir. Cela fait plus d’un an que ça dure et même à l’école, il se fait gronder ! Avec mon aîné, c’était différent… »  (Alexandra, maman de César, 3 ans)

Ce qui se passe

  • Peut-être que vous aimez bien les enfants toniques et costauds ? Les parents sont souvent ambivalents. On peut être exaspéré par l’opposition, mais satisfait au fond que notre enfant tienne tête. Les enfants sont champions pour lire les émotions parentales et en jouer. Dites-vous que certains enfants sont plus opposants que d’autres, en général tout rentre dans l’ordre à la fin de la 4e année. Et plus tard, cela ne sera pas forcément grave.

Comment réagir

  • Maintenez les exigences et posez le curseur au bon endroit. Se faire punir à l’école, c’est normal. Votre enfant peut tester les limites mais les respecter malgré tout. Se faire exclure, ce n’est plus normal, cela signifie que votre enfant n’entend pas la parole de la maîtresse. Si cette opposition existe dans tous les domaines à la maison, c’est peut-être qu’elle est centrée sur vous les parents. Si elle se manifeste dans tous les secteurs, à l’école, chez les grands-parents, à la maison, n’hésitez pas à vous faire aider par un spécialiste. Il faut éviter que votre enfant ne s’enferme dans cette opposition.

Opposition : 5 situations à la loupe

Il vous dit « non » ou « pas » ! Il se sauve en courant, hurle et tape. Lui qui était si mignon. C’est qu’entre 16 mois et 3 ans et demi, votre petit diable traverse la fameuse phase d’opposition. Petites scènes de la vie quotidienne revisitées par le Pr Daniel Marcelli, psychiatre.

5. « Chaque fois que je refuse quelque chose à Nicolas, il pique une colère et, de rage, retire ses chaussures et chaussettes. Même dans les magasins ! Je dois les lui remettre de force. » (Isabelle, maman de Nicolas, 2 ans et demi)

Ce qui se passe

  • Enlever chaussures et chaussettes est peut-être un moyen pour lui de se calmer. Mais il vous oblige aussi à vous accroupir à son niveau. Autrefois, les enfants étaient facilement frustrés. Alors qu’aujourd’hui, de leur naissance à 2 ans, leurs parents sont très attentifs à leurs besoins. Les enfants sont comblés. Et quand on leur dit non, c’est pour eux une immense souffrance. Même si cette frustration est de toute façon nécessaire pour grandir. 

Comment réagir 

  • Remettez-lui ses chaussures et ses chaussettes en lui demandant pourquoi il fait ça. Votre tout-petit ne va pas vous répondre parce qu’il n’en sait rien. Mais il va comprendre que vous vous interrogez. Le dialogue sera rétabli. Dans cette période d’opposition, tout au quotidien peut devenir un conflit. Et il y a deux façons de le désamorcer. Soit la souplesse, en disant par exemple « Dès qu’on sera à la maison, tu pourras marcher pieds nus. » Ou en détournant l’attention de votre enfant. Vous lui montrez qu’on peut faire les choses sans se braquer. S’il retire pour la énième fois ses chaussettes, poussez l’audace : « Tant pis, marche pieds nus, tout le monde va te regarder… » Attention, n’agissez jamais ainsi la première fois. Seulement à la quinzième !  

Agnès Barboux

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