Antoine Prost : « On ne peut pas apprendre plus et mieux en travaillant moins »

La France se trouve au bas du classement PISA, rappelle l’historien Antoine Prost, selon lequel croire qu’on comblera notre retard en supprimant le mercredi matin, comme le proposent des irresponsables, serait une grave erreur.

édition abonné

«  Depuis un demi-siècle, nous sommes passés de 30 à 24 heures par semaine. Un cinquième de moins. C’est comme si nous avions fait passer la scolarité primaire de cinq à quatre ans » (Photo: le nouveau ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le 18 mai à Paris).

Il est de nouveau question des rythmes scolaires. Et l’enjeu central est évacué. Il s’agit du temps que nous décidons d’attribuer à l’école. C’est une question très simple : voulons-nous que nos enfants apprennent efficacement ce qu’on appelle aujourd’hui les fondamentaux ?

Nous sommes parmi les derniers au classement PISA (Programme for International Student Assessment, programme international d’évaluation de la performance scolaire, de l’Organisation de coopération et de développement économiques), et cela n’inquiète guère. Il faudrait pourtant s’en soucier, car cela aura de lourdes conséquences dans quelques années. Il serait temps de nous réveiller.

Dans la limite basse de nos voisins

En comptant le mercredi matin comme une journée pleine, et comme de vraies semaines de classes celles de fin juin-début juillet, les écoliers ont eu cette année 174 jours de classe. Nous sommes dans la limite basse de nos voisins, qui ont entre 180 et 200 jours de classe.

Croit-on qu’on comblera notre retard en supprimant le mercredi matin, comme le proposent des irresponsables, c’est-à-dire en descendant à 140 jours par an ? Nos enfants sont-ils plus intelligents que les autres ? Ou nos maîtres plus efficaces ? Si vous voulez la semaine de quatre jours, il faut réduire nettement les grandes vacances et passer de 35 à 38 semaines de classe. C’est un peu ce qui se faisait avant 2008 dans les départements qui pratiquaient la semaine de quatre jours. Si vous n’avez pas ce courage, ne touchez pas au mercredi matin.

Mais, direz-vous, en quatre jours nos enfants auront autant d’heures de classe dans l’année que nos voisins puisque les journées auront six heures. C’est exact. Mais croyez-vous que toutes les heures se valent ? Croyez-vous que la sixième heure de cours soit aussi efficace que les premières pour des enfants de 7 ou 8 ans ? A ce compte, pendant que vous y êtes, pourquoi pas passer à la semaine de 3 jours avec 8 heures de classe par…

L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous

«  Depuis un demi-siècle, nous sommes passés de 30 à 24 heures par semaine. Un cinquième de moins. C’est comme si nous avions fait passer la scolarité primaire de cinq à quatre ans » (Photo: le nouveau ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le 18 mai à Paris).

Antoine Prost : « On ne peut pas apprendre plus et mieux en travaillant moins »

Il vous reste 46% de l’article à lire

Achetez cet article 2 € Abonnez-vous à partir de 1 € Découvrez l’édition abonnés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *