Rythmes scolaires : l’efficacité pédagogique de la réforme en question

Une évaluation de la semaine de quatre jours et demi, menée par les statisticiens du ministère de l’éducation, conclut à une incidence « très limitée » sur les compétences scolaires.

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Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, dans une école primaire de Tourcoing (Nord), le 26 juin.

La gauche l’avait promise à la communauté éducative. La voici publiée : l’évaluation scientifique de la réforme des rythmes scolaires a été divulguée, mercredi 28 juin, dans la foulée de la parution, au Journal officiel, du « décret Blanquer » actant, de fait, la possibilité d’un troisième changement de tempo en dix ans pour les écoliers. Une « simultanéité » qui peut difficilement passer pour une coïncidence, disent les enseignants comme les élus, à qui le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer demande aujourd’hui de s’entendre, ville par ville, pour « définir ce qui est bon pour eux » en matière d’emploi du temps.

Mais sur quelles bases ? Les 80 pages du dossier de la DEPP, le service statistique du ministère de l’éducation nationale, ne permettent pas de clarifier le message scientifique ; ou, en tout cas, pas autant qu’attendu. Les six différentes organisations du temps scolaire identifiées sur le terrain – mercredi matin ou samedi matin travaillé, après-midi plus ou moins longs… – n’ont que « des effets d’une ampleur très limitée sur les apprentissages des élèves », peut-on y lire, en CP (5 200 élèves évalués) comme en CM2 (15 000 élèves). Très peu d’effets, aussi, sur les pratiques des enseignants, dont 1 240 ont été interrogés.

L’incidence sur les compétences scolaires est estimée comme « largement inférieure aux effets des variables sociales ou culturelles » – le milieu d’origine des élèves, en somme. En CM2, de « légères différences » de résultats, touchant plus les élèves défavorisés, semblent disqualifier les organisations qui libèrent un après-midi par semaine – les expérimentations consenties, en 2014, au titre du « décret Hamon ». En CP, les écoliers scolarisés neuf demi-journées, mais avec le samedi matin travaillé plutôt que le mercredi, progresseraient un peu moins vite. Mais ces pistes sont à « prendre avec prudence », reconnaît-on à la DEPP.

Peut-on…

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Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, dans une école primaire de Tourcoing (Nord), le 26 juin.

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